Visite de la ville

Le plus pratique pour visiter et découvrir la ville est de partir face à l'Hôtel de Ville construit en 1969, sur la façade duquel se trouvent les armes de la cité (celles de Jean de Montoire) et un buste en bronze du sculpteur Torcheux, représentant le poète Pierre de Ronsard.

Engageons-nous dans la cour intérieure où trône un magnifique cèdre, Sur la gauche, un bel hôtel particulier du XVIII siècle avec tour, dite Maison du cancer, a été restauré avec soin. A l'étage, deux salles peuvent accueillir des expositions. De là, par une petite porte, passons rue Saint-Laurent. Sur la gauche, il faut admirer l'ancienne mairie et l'hôpital Antoine-Moreau . Depuis 1975, l'hôpital porte le nom de son pieux fondateur. C'est une maison du début du XVII siècle, avec lucarnes à pinacles et à crochets, fenêtres à mureaux et à culots sculptés de figurines. jusqu'en 1789, la communauté des soeurs de la Charité de Bourges détenait cette maison. Le 23 mai 1866, le corps de l'abbé Moreau, fondateur de la communauté, est exhumé de la chapelle devenue salle de justice de paix en 1827. Les bâtiments anciens abritent les services administratifs de l'hôpital et de la maison de retraite. L'entrée a conservé sa porte en chêne (du XVIIe) ainsi qu'un beau heurtoir.

 

La cour de l'hôpital, avec ses bâtiments du XVIII aux belles proportions et la tour octogonale du XVIe, mérite d'être visitée. Les fenêtres ont encore une grande partie de leurs vitres anciennes et de leurs balustrades en fer forgé aux dessins gracieux. Deux cadrans solaires ornent les façades. Le clocheton est muni d'une croix ornée de coeurs.

 

Extension : le cimetière et les restes de l'église Saint-Laurent des Varennes, deuxième église paroissiale de la cité après Saint Oustrille.

 

Trop petite et trop éloignée du centre qui s'agrandissait sur la rive droite, les habitants de cette paroisse la délaissèrent et entreprirent de construire un.nouvel édifice. Les ruines gardent quelques sculptures. Elles sont classées.

 

Retournons sur nos pas pour découvrir place Clemenceau, l'église Saint-Laurent, plusieurs fois détruite et reconstruite en 1896 et 1897. Sa façade flamboyante, du XVI, a été restaurée, Le portail s'ouvre sur un porche, lequel est surmonté du clocher. La nef centrale, de style gothique flamboyant, est flanquée de deux nefs latérales.

L'église possède une châsse dorée en bois de tilleul du XVIII siècle, en forme de chapelle (don de Marie Dubois, sieur de l'Estournière, qui habitait Couture).

Elle provient de l'ancienne église Saint-Oustrille. Ornée de niches, chacune contient une statuette de saint et les reliques de Saint-Oustrille, Saint Mathieu apôtre, Saint Agil, Saint Gildéric, Saint Gudegrand martyr et Sainte Pélagie.

L'orgue, acheté d'occasion, date de 1859. Les sculptures intérieures furent achevées entre 1920 et 1939. Les vitraux ont été créés entre 1898 et 1908 par les peintres Ader, Lelong et Tardier (ce sont des verres peints cuits ensuite au four).

En sortant de l'édifice, observons quelques instants la place Clemenceau, qui mesure 150 m de long sur 100 m de large. Sa forme actuelle est due au duc de Tallard, seigneur de Montoire de 1737 à 1740. La place a été plantée de marronniers au XIXe siècle par la municipalité Chauvin, qui fit également édifier une fontaine (1869) alimentée en eau par une source captée sous le château. Cette fontaine a été recouverte par un kiosque à musique en 1913.

Extension : la gare historique de Montoire et le château de Fargot (du XVII siècle, remanié aux siècles suivants).

Sur la place, Montoire a conservé plusieurs maisons anciennes. Sur le côté ouest, un vieil hôtel du XVIIe l'hôtel des Trois Rois est occupé actuellement par une quincaillerie.

Sa façade est ornée d'un cadran solaire avec une devise latine qui peut se traduire ainsi : Ici bas, rien ne sert d'acquérir des droits certains par ses mérites, puisque le soleil luit aussi bien pour les méchants que pour les bons, Explication : sous Louis XIV, son propriétaire enviait amèrement son voisin immédiat, Fredureau, qui devait à la protection du Roi Soleil l'importante situation du bailli. Aussi, le jaloux fit-il inscrire sous son cadran solaire, cette devise en vers latins.

La maison suivante est donc celle des Fredureau, un magnifique hôtel seigneurial de la Renaissance, dit aussi maison du Bailli. Elle appartint un moment au peintre paysagiste Charles Busson, né à Montoire en 1822. C'est la maison la plus ancienne de la place Clemenceau. La haute porte du porche s'ouvre parfois (au moment des journées du patrimoine notamment) pour découvrir deux corps de bâtiments reliés par une tour polygonale abritant un bel escalier en pierre, Les fenêtres et lucarnes sont surmontées de frontons sculptés. L'ensemble est d'une pureté et d'une sobriété extraordinaires.

Au-dessus d'une fenêtre de la tour, un écusson, bien visible de la tour voisine, porte la réponse aux perfides insinuations du cadran solaire : justitia tu deleto vindictam, qui peut se traduire comme un appel à la justice pour détruire chez l'adversaire l'esprit de revendication.

Face à cette maison, une large rue mène au Quartier Marescot, lequel occupe de vastes bâtiments qui faisaient partie du couvent des Augustins. C'est à partir de 1804 que l'ancien couvent fut affecté au casernement d'une garnison qui prend le nom de Marescot. Selon les années, de 75 à 220 soldats animeront le quartier qui borde le Loir. En 195 1, les militaires abandonnent définitivement les lieux à la commune.

C'est dans l'enceinte de ce quartier, face à l'Espace Europe qui abrite depuis 1996, les locaux du Musée Spectacle des musiques traditionnelles que se, déroule chaque année, pendant la semaine du 15 août, le Festival mondial du folklore, l'une des plus importantes manifestations estivales de la région

L'ancien couvent des Augustins fut fondé en 1427 par- Louis de Bourbon, comte de Vendôme. Au début, il compta plus de 30 moines et il s'y tint plusieurs chapitres provinciaux. L'entrée actuelle occupe l'emplacement de l'ancienne façade de l?église. De celle-ci, il ne reste plus que le collatéral nord, qui communiquait à la nef par cinq arcades reposant sur de gros piliers cylindriques. A droite, c'était le cloître. Ses arcades sont surmontées de deux étages en pans de bois. Un vaste bâtiment renfermait au rez-de-chaussée, le réfectoire ; au premier se trouvaient les cellules des moines. De ce sanctuaire à l'abandon depuis le décès de ses derniers propriétaires, il ne reste plus grand chose de sa splendeur passée.

Retournons vers la place avant de nous engager rue Ronsard, ou plutôt dans la pittoresque rue du Boël, où résidaient les juifs jusqu'au Xllle siècle. Ce mot signifie en vieux français boyau ou boueux. Au moyen-âge, cette rue recélait la boucherie seigneuriale et jusqu'en 1663, le temple protestant.

Au coin de la rue, au-dessus du cabinet médical, un buste de Ronsard domine les rues du Boël et Ronsard.

La vue, sur le pont qu'enjambe le Loir, mérite un arrêt prolongé. Le pont de pierre date de 1869. Il remplace le pont de bois qui séparait le quartier Saint Oustrille de la cité de la rive droite. A gauche, le Loir s'étire vers Lavardin, En face, les ruines du château féodal se dressent sur le coteau, sur la droite apparaissent la maison (élégamment restaurée) dite du petit Saint-Gilles, ainsi que la chapelle et le prieuré.

Avant de visiter la chapelle Saint Gilles, plaçons nous sur le trottoir, face à la maison Taillebois, dite maison du jeu de quilles. Cette curieuse maison d'époque Renaissance, possède une remarquable cheminée, dont les sculptures représentent un jeu de quilles. L'énorme boule qui supplantait le tout tomba dans la cheminée en 1915. En 1947, les Compagnons du Devoir apposèrent une plaque commémorative sur la façade de la maison pour perpétuer la mémoire de Jean-François Piron dit Vendômois la Clef des Coeurs, compagnon chamoiseur qui certainement y naquit. Cet homme devint le chantre du compagnonnage et l'apôtre de la réconciliation entre les différents Devoirs.

Entre le château et le Loir, s'élève le prieuré (propriété privée, ne se visite pas) et la chapelle Saint-Gilles (propriété privée, entrée payante).

La tradition rapporte que, dès le VIe siècle, une chapelle aurait été édifiée sur le site actuel et que Charlemagne y aurait fondé un prieuré.

Cette chapelle romane a été construite au XIe siècle. Son plan est une croix latine. Le poète Ronsard fut prieur de Saint-Gilles de 1566 à sa mort, en 1585.

La nef de la chapelle comptait quatre travées. Des trois premières, il ne reste plus qu'un mur, côté sud, ainsi qu'une partie de la façade. Tout l'extérieur de l'édifice, ainsi que l'intérieur, ont été remblayés sur plus d'un mètre de hauteur, afin de protéger l'ensemble des inondations de la rivière.

Tout autour, des fossés ont dégagé la base des murs extérieurs, afin de permettre une meilleure aération, car tout l'édifice reste très humide et les fresques qui tapissent les murs sont très fragiles .

Dépendant de Saint-Calais, les prieurs de Saint Gilles relevaient de l'ordre de Saint-Benoît, et en particulier de l'abbaye de Cluny, qui organisait les pèlerinages à Saint-Martin de Tours, puis, dès le XII siècle, à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, Montoire était sur le passage des pélerins. Hébergés à la chapelle Saint-Jacques de Vendôme, ou par les moines de l'abbaye de Saint-Georges à Saint-Martin des Bois, les malades et les lépreux pouvaient se reposer dans les maladreries de Trôo et de la Madeleine, à Montoire.

L'ordre de Saint-Benoît avait, dès le XIe lècle, formé une véritable école de peinture murale. Les peintres qui décorèrent les murs de Saint Gilles provenaient de cette école. Pour les spécialistes, il ne s'agit pas de véritables fresques (de fresco, frais) mais de peintures à la détrempe. Sur fond de mortier, les dessins sont exécutés à l'ocre rouge, puis couverts de couleur mate, Les visages sont peints à l'ocre jaune, les détails et les ombres sont en peinture brillante, à la cire. Les peintures ayant été exécutées lors de deux périodes différentes, la partie la plus ancienne, l'abside principale, ne comporte pas de bleus.

A gauche de l'autel, une statue de Saint Oustrille (évêque de Bourges, vénéré à Montoire pour avoir, une année de mauvaise récolte, multiplié les vins dans les caves et interdit à un agent du fisc du roi de Bourgogne, de percevoir les impôts dans son diocèse) et à droite une statue en bois polychrome de Saint Gilles, avec une biche qui vient se réfugier dans ses bras (le saint, retiré en Provence, vivait dans une grotte, nourri par une biche. Le roi du pays, poursuivant l'animal au cours d'une chasse, blessa d'une flèche Saint Gilles qu'il n'avait pas vu. Pour se faire pardonner, le monarque construisit pour l'ermite le monastère de Saint-Gilles du Gard. Saint-Gilles mourut en 700).

Le long du mur, le Christ en bois sculpté et peint date du XVIe siècle.

Mais ce qui fait la célébrité de ce modeste édifice, ce sont ses peintures murales, d'un symbolisme exceptionnel, qui datent des XIe, XIIe et XIIIe siècles. Leur renommée est mondiale (la chapelle reçoit plus de 6.000 visiteurs par an, venant des 5 continents).

Dans l'abside, un Christ en majesté entouré des quatre symboles évangéliques (l'aigle de Saint jean, le lion de Saint Marc, le boeuf ailé de Saint Luc et l'homme ailé de Saint Mathieu) est soutenu par quatre anges d'une grâce admirable.

Dans le transept sud (côté opposé au Loir), le Christ en majesté, d'inspiration byzantine, évoque une mosaïque. Il est assis entre l'Alpha et l'Oméga. Il ouvre les mains. Il tenait des clés blanches, aujourd'hui effacées.

Dans le transept nord (côté Loir), un autre Christ en majesté, assis sur l'arc-en-ciel, Couronné du nimbe crucifère, est, lui aussi, de style byzantin. Son auréole en amande est ornée de perles blanches. De ses mains transpercées, partent des filets rouges qui vont s'épanouir sur le front de chacun des 12 apôtres (les 6 apôtres de gauche ont presque entièrement disparu, l'humidité ayant rongé la peinture).

La chapelle servit de lieu de culte jusqu'en 1790. En 1791, elle fut vendue comme bien national. Le monument est classé.

Depuis très longtemps, on amène à Saint-Gilles les enfants pour la guérison des douleurs, frayeurs, peurs et convulsions. Ce pèlerinage a toujours lieu le ler, septembre, dans la chapelle.

En sortant, il faut flâner encore quelques instants sur la pelouse, admirer le prieuré contigu et les bords du Loir, le pont de pierre tout proche.

La ville a acheté un terrain de 5000 M2 en face de la chapelle. Cet espace bénéficiera d'un aménagement paysager très élaboré, avec notamment une très belle roseraie (un clin d'oeil à Ronsard, bien sûr).

En sortant de la rue Saint-Gilles, continuons la rue Saint-Oustrille, vers le château. Une halte enrichissante peut être faite au n° 27, chez l'ébéniste d'art qui a ouvert une petite galerie fort attachante, présentant une partie de ses oeuvres : chaire gothique entièrement sculptée à la main, buffet en noyer massif, lutrin, tabouret de chantre, coffre... Sa passion pour le bois, transmise par son père sabotier, est intacte. Son style a même séduit New-York où il a exposé quelques chefs-d'oeuvre au Centre Culturel de la 51 Avenue en novembre 1994. Alors, poussez sa porte, vous ne serez pas déçus !

Poursuivons en direction du château qui domine le faubourg. A ses pieds, se trouve l'église Saint Oustrille, première église paroissiale, édifiée au XII siècle. Agrandie au XlVe siècle, incendiée lors des guerres de religion, elle est restaurée sous l'impulsion de Marie Dubois de l'Estournière. Devenue bien national sous la Révolution, elle est aujourd'hui désaffectée, Partagée entre différents propriétaires, elle n'a fait que se dégrader, Une restauration heureuse de son abside, ces dernières années, l'a sauvée d'une ruine irrémédiable.

Notre dernier regard sera pour le château féodal. Edifié sur un éperon naturel, il couvre une superficie de 45 ares.

La vue générale la plus belle est celle que l'on a depuis les fossés, côté sud, auxquels on accède par un petit chemin, à gauche, après le virage, sur la route de Tours.

On pourra alors admirer le splendide rempart à redents couronné encore de corbeaux de mâchicoulis intacts, Le donjon primitif, construit par Nihard au Xle siècle, était protégé sur trois faces, par une double enceinte. La muraille côté ville, était terminée aux deux extrémités par une énorme tour à laquelle venaient aboutir des murs allant jusqu?au Loir et protégeant la ville primitive

Des fouilles ont été effectuées de 1977 à 1980. Elles ont permis d'étudier des caves avec graffitis (dont l'un de 1205), de mettre à jour une structure de four dans la haute-cour, un mur qui pourrait être un élément du fournil, des tessons de céramique du XlVe siècle et un matériel riche et varié (serrures, boulets, etc ... ) d'u n grand intérêt archéologique.

Extensions

promenade dans le cadre charmant et reposant des Reclusages, entre le coteau et le Loir (voir Lavardin). A cinq cents mètres, on trouve camping, piscine, golf miniature et jeux pour enfants.

- la chapelle de la Madeleine (sur la route d'Artins-Couture). C'est un petit édifice (privé, mais fi est sur le bord de la route) du XII, bâti sur la rive gauche du Loir. Il reste quelques lambeaux de peintures murales sur les parois du choeur, ainsi que l'autel et un bénitier, A l'origine, c'était la chapelle de la maladrerie (léproserie) Sainte-Madeleine qui accueillait et soulageait les lépreux, Ce sont maintenant des bâtiments de ferme, Huit croix gravées sur les murs extérieurs, à 50 cm du sol environ, laissent penser que l'on aurait enterré à ces endroits des malades morts de la lèpre. La charpente et la couverture ont été refaites en 1983, sur le même côté, un peu avant la, chapelle, une imposante grange aux dîmes (XIVe-XVe siècles) attire les regards.