Origines de la région

 

Il y a plus de 120 000 ans, les hommes habitaient déjà la vallée du Loir et ses coteaux. Ceux-ci ont laissé de nombreux outils taillés dans le silex (le site Artins-Ternay reste celui qui est le plus important de la moitié nord du département pour la période du paléolithique).

    

Vers -60.000 ans, le climat se refroidit. Le sol a livré de nombreux bifaces "moustériens de la tradition acheuléenne" (Montoire, Lavardin, St-Martin, mais encore dans la région d'Artins-Ternay) du début de cette époque. La température moyenne annuelle oscille autour de 0° et l'homme de Néanderthal va quitter nos vallées, émigrant vers le sud.

 

 

A -6000 apparaissent les premiers agriculteurs. Le climat se réchauffe, et les populations néolithiques sont présentes partout. Les traces de leur industrie sont abondantes, mais on connaît aussi bon nombre de leurs monuments : les dolmens (La Chapelle Vendômoise, Saint-Martin-des-Bois, Fréteval), les menhirs (Villedieu-le Château, Mondoubleau, Areines, Villerable), les polissoirs (Villerable, Naveil, Nourray, Authon).

 

 

Dans notre région, la fin du néolithique se situe vers 800 avant J.C. Très discrètes sont les civilisations de l'âge du bronze (Saint-Rimay et Ternay) et du premier âge du fer.

 

                   

http://www.stedwards.edu/bss/aflorek/paleo.htm

Vers 500 avant J.C., les populations gauloises s'installent. La prospection aérienne a permis de reconnaître fermes et enclos de cette époque. Rares sont les occupations gauloises attestées, comme le camp dit de César à Sougé, ou les habitats de la Tène, révélés par les fouilles dans l'enceinte de Châtillon, en forêt de Marchenoir.

 

la Gaule et les invasions romaines

 

Au temps de la Gaule indépendante, le Vendômois manque d'unité : partagé entre les Cénomans au nord du Loir, les Turons au sud, alors que les Carnutes, à l'est, atteignent le Gué du Loir, Il faut retenir l'importance de la voie Chartres-Tours qui franchissait le Loir à Artins, ainsi que le développement de ces vastes ensembles qu'étaient les "villae" (comme celle de Tourteline à Naveil), qui sont souvent à l'origine de nos bourgs et hameaux.

 

 Sites et populations gauloises du Loir-et-Cher


Belleroche, Cm. de Noyers-sur-Cher
Blesum
Bordes, Cm. de Pontlevoy

Calatonnus
Chateau de Chatillon, Cm. de Briou
Coulanges, Cm. de Chouzy-sur-Cisse
Courbanton, Cm. de Montrieux-en-Sologne

Gabris = Gabrae

Josnes

Labrocensis
Le Moulin, Cm. de Gombergean
Les Perroux, Cm. d'Avaray
Les Poulittes, Cm. d'Areines

Maroialum
Murgers, Cm. d'Ouzouer-le-Marche

Naveil
Noviodunum Biturigum

Pouille

Segimovicus
Soings-en-Sologne
Suevres/Souevres

Tasciaca = Casciata
Tour de Gresset, Cm. de Freteval
Turnacum

Verdes
Villexanton
Vindocinense

 

Ce n'est vraiment qu'au Xe siècle que Montoire entre dans l'histoire.

En 955, Bouchard Ratepilate, dit Chauve-Souris, premier seigneur de Montoire, prenant les armes contre le Comte du Maine, saisit l'occasion pour annexer des terres situées entre Les Roches et La Chartre, Son fils, Bouchard le Vénérable, devenu Comte de Vendôme, ordonne en 960 à des terrassiers de consolider ses positions et d'assurer la défense des territoires par une enceinte en bois et un donjon, à l'emplacement actuel du château, Cette enceinte de 45 ares se situe au sommet du coteau appelé mons Aurens (mont d'Or) ou encore Montorius (mont d'Orius ou de Dorius), qui donnera plus tard le nom de Montoire.

 

 

Au pied et à l'abri de la nouvelle forteresse, la ville de Montoire naît, Ainsi va apparaître le bourg primitif, qui s'étendra très vite jusqu'à la rivière.

 

 

Au début du XIe siècle, le petit-fils de Bouchard Renaud, fonde la première église de Montoire. Ayant reçu les reliques de Saint Oustrille, évêque de Bourges au VIIe siècle, elle prit le nom de ce saint, C'est de cette époque que date la fameuse chapelle Saint Gilles, ornée de fresques et dont le poète Pierre de Ronsard sera prieur au XVe siècle.

 

 

A la mort de Renaud, la garde du château est donnée à Nihard, gouverneur forestier. Il réussit à se faire reconnaître baron de Montoire et, en 1033, devient le cinquième seigneur du lieu. Il construit le donjon rectangulaire, entouré bientôt d'une deuxième enceinte. Des murailles descendent jusqu'au Loir voisin, protégeant bien la ville entre le coteau et la rivière. Une fontaine limpide, une bonne protection, une église, toutes les conditions étaient réunies pour que le bourg s'étoffe.

 

 

Les armes de Montoire

D'argent à un lambel à 6 pendants de sable

En 1215, apparaissent pour la première fois sur le sceau de Jean Ier de Montoire, appendu à une charte datée de Chinon, juillet 1215, les armes de la ville .

Le blason ne porte aucune pièce ni aucun meuble à part le lambel qui est une brisure, c'est-à-dire une modification apportée à des armes pour distinguer une branche cadette de la branche principale de la famille. Le sable, en héraldique, est la couleur noire.

 

La population s'accroissant au fil des ans, les nouveaux habitants s'installeront sur la rive droite du Loir dès le XIIe siècle. Une passerelle en bois traversera le Loir (des passeurs existaient également) et des fossés profonds et larges ceintureront la nouvelle agglomération au XIVe siècle.

 

 

Vers la fin du XIIIe siècle, Montoire devient la capitale du Bas-Vendômois, car Jean V comte de Vendôme de 1271 à 1315 sépare son comté en deux parties. Il s'étend de l'étang de Berger, sur la Brisse, jusqu'à La Chartre-sur-le-Loir (Sarthe).

 

 

A partir du XlVe, le château et la ville tombent aux mains de hordes commandées par Robert Marcault. Ce fut encore le cas en 1465, quand château est assailli par 500 Bretons. Au XVIe Montoire reçoit à plusieurs reprises la visite du roi Charles de Bourbon. En septembre 1549, Antoine de Bourbon et sa femme Jeanne d'Albret séjournent trois mois au château.

 

 

En 1589, les Ligueurs deviennent maîtres de la ville. En 1594, Henri IV ordonne le démantèlement du château. Le 15 octobre 1847, le marquis de Querhoent - le château appartient à cette famille depuis 1743 - le vend en ruines à la commune de Montoire.

 

Henry IV et Gabrielle d'Estrées

http://www.geocities.com/Paris/Palais/6875/dhblist.html 

La Renaissance fait fleurir de ravissantes demeures, tel ce charmant manoir de la Possonnière à Couture, celui de la Bonnaventure au Gué du Loir, ces beaux hôtels particuliers de la place Clemenceau ou de la rue Saint-Oustrille à Montoire, ou la maison Florent Tissart à Lavardin.

 

 

Du XVIe au XVIIIe, on construit, on agrandit sur les rives du Loir ou de ses affluents, surtout le long de leur versant ensoleillé, de gracieux châteaux qui embellissent encore de nos jours le paysage : Rochambeau à Thoré, La Mézière à Lunay, La Folie à Lavardin, Ranay à SaintMartin, Fargot à Montoire, La Voûte à Trôo, les Radrets à Sargé...

la Mézière

Peu de faits notoires et importants viennent troubler la paisible ville de Montoire pendant la Révolution Française. En 1790, Montoire devient chef-lieu de canton et son premier maire s'appelle Toussaint Pothée, déjà député.

 

 

Le XIXe siècle est marqué par les combats de la guerre franco-allemande de 1870-1871. Ce qui marque surtout les Montoiriens, c'est l'arrivée d'une garnison dans les locaux désaffectés de l'ancien couvent des Augustins (elle sera présente jusqu'en 1951), la construction de la voie ferrée Vendôme-Pont-de-Braye (avec bien sûr, arrêt à Montoire), et, dix ans plus tard, de Sargé-Tours. L'année 1881 reste féconde en émotions et souvenirs: la crue du loir en janvier, l'installation de l'usine à gaz et l'inauguration de la gare par le Ministre des Transports en personne.

 

Cette même gare entrera dans l'histoire de France et deviendra célèbre après les poignées de main entre Laval et Hitler, puis Pétain et Hitler, les 22 et 24 octobre 1940, cette dernière rencontre scellant officiellement "la collaboration" (voir chapitre : Les poignées de main de Montoire).

 

 

Depuis la Libération (Montoire est libéré le 11 août 1944), le Vendômois est resté serein. Les "évènements" de mai 1968 sont vécus dans une certaine fièvre, mais les législatives de juin marquent une volonté de continuité.

 

 

En 1973, le premier Festival Mondial de Folklore voit le jour, Depuis cette date , en. août, le Festival des danses et musiques du monde clame haut et fort, devant des milliers de festivaliers enthousiastes, l'amitié et la fraternité.

 

 

En 1996, le Musée Spectacle des Musiques Traditionnelles ouvre grand son coeur (voir chapitre à ce sujet), grâce à la ténacité et à la volonté sans faille de jean-François Proux, directeur du Festival... depuis sa création en 1973.