Le Pérou à Montoire

Le Festival Folklorique de Montoire, c'est bien. Voir ces "ambassadeurs"  de cultures quelquefois lointaines, c'est très bien. Les rencontrer, leur parler pendant ces quelques jours de festival, c'est très très bien. Si en plus vous retenez quelques unes des informations qui suivent, ils seront fiers des connaissances que vous avez de leurs pays respectifs.
 
 
         PEROU         
 
 
 Synonyme de richesse, héritier de brillantes civilisations amérindiennes, joyau de l'Empire espagnol, disposant d'abondantes ressources minérales et énergétiques, baigné par un océan généreux, doté d'un vaste espace allant du Pacifique aux marges amazoniennes, le Pérou semble pourtant, à l'aube du XXIe siècle, au fond du gouffre. Misère et violence se sont acharnées sur les héritiers des fils du Soleil. Les inégalités sociales et spatiales, aggravées par l'application d'une politique ultralibérale au début des années 1990, menacent la cohésion sociale.
 
Géographie physique
étendu de l'équateur au 18e degré de latitude sud, le territoire péruvien présente une organisation tripartite : la côte, la montagne, la forêt. Bien que situé dans la zone équatoriale, ce pays de 1 285 220 km 2 (trois fois la Suède ), dispose donc d'une gamme variée d'écosystèmes. L'orographie et l'influence du courant de Humboldt modifient les conditions naturelles généralement rencontrées sous ces latitudes.
 
Relief et hydrographie    
Couvrant 25 % du territoire péruvien, la cordillère des Andes, formée à la fin du Tertiaire, s'étire sur 15 ° de latitude (2 000 km ) et commande l'agencement méridien de l'espace. Si elle forme un domaine morphologique bien individualisé, elle n'en offre pas moins une grande diversité de paysages. Larges de 300 à 600 km, élevées (6 768 m au Huascarán ), hérissées de volcans, tels le Misti (5 821 m ) et le Coropuna (6 425 m ), les Andes méridionales et centrales encadrent de hauts plateaux (puna ) et de profondes dépressions (lac Titicaca, vallées de l'Urubamba et du Mantaro ). Les Andes septentrionales sont moins larges (de 100 à 150 km ) et moins élevées (de 3 000 à 4 000 m ); la vallée du Marañón les entaille sur 500 km.   Entre les Andes et le Pacifique, la région littorale couvre 136 000 km 2 (15 % du territoire ). Au sud et au centre, elle présente des paysages de terrasses et de collines. Une cordillère côtière sépare des vallées remblayées de sédiments et de dépôts volcaniques. Au nord, le bassin sédimentaire de Sechura est couvert d'étendues moins accidentées ; une trentaine de petits cours d'eau issus des Andes irriguent cette région. Couvrant une surface de 760 000 km 2, l'Oriente est la région la plus vaste du Pérou (60 % du territoire ). Homogène sur le plan climatique, la selva voit s'individualiser deux unités géomorphologiques : les anticlinaux calcaires et le bassin sédimentaire. Le contact Andes-Amazonie n'est pas brutal ; les terrains sédimentaires plissés à la fin du tertiaire forment des pré-Andes, qui dominent une zone de bas plateaux et le bassin amazonien. Climat  L'organisation méridienne se retrouve dans le domaine bioclimatique. Le Pérou côtier connaît un climat aride, avec de faibles précipitations (200 mm ) et des températures modestes (de 21 à 28 °C l'été ); un brouillard se fait sentir de mai à octobre. Le littoral est parfois soumis à des pluies diluviennes. Les anomalies climatiques résultent de la relative stabilité de l'anticyclone subtropical du Pacifique Sud et du jeu des courants marins. Les côtes sont baignées par le courant froid de Humboldt. L'air, refroidi par l'océan, a donc tendance à provoquer une inversion thermique qui limite la formation des pluies. Lorsque le courant chaud El Niño descend anormalement sous 5 ° dans l'hémisphère Sud, il provoque d'importantes pluies et inondations. Le climat de la cordillère est tributaire de l'exposition et de l'altitude ; si les versants occidentaux restent plus secs que les Andes orientales, la cordillère septentrionale se révèle plus arrosée et plus chaude que les Andes centrales et méridionales. Un climat chaud et humide, propice à la grande forêt, règne dans l'Oriente (de 1 500 à 2 000 mm de pluie ). 
 
Population  
Estimée à 24,4 millions d'habitants [1997 ] et composée de métis hispanisés et d'Amérindiens, la population péruvienne connaît une forte croissance. La misère est omniprésente : environ 60 000 enfants de moins de 1 an meurent chaque année, 60 % des Péruviens vivent au-dessous du seuil de pauvreté et les trois quarts de la population active sont sous-employés. La misère rurale s'est étendue aux zones urbaines, qui sont entourées d'une couronne de bidonvilles, notamment à Lima. Cour de la civilisation inca et grand foyer de l'économie minière, les Andes, devenues répulsives, sont peuplées par 7 à 8 millions d'Amérindiens. L'agriculture vivrière, pratiquée dans le cadre de petites exploitations (moins de 2 ha ), et les villes andines, telles Huancayo, Ayacucho et Cuzco, ne sont pas suffisamment dynamiques pour retenir la population régionale. L'Oriente est peu peuplé (2 millions d'habitants ); sa participation au PNB ne dépasse pas 5 %. Si l'agriculture (café, ananas...) se développe sur le piémont andin, le commerce le plus dynamique est celui de la coca. Iquitos ne parvient guère à animer l'Amazonie péruvienne. Mal reliée à l'espace national, contrôlée par la guérilla et les narcotrafiquants, cette région est quelque peu marginalisée. Le Pérou littoral jouit, en revanche, d'une forte concentration d'hommes et d'activités : de 11 à 12 millions de Péruviens y vivent (plus de la moitié de la population nationale ) sur 10 % du territoire ; les villes les plus développées (Lima, Arequipa, Chimbote, Trujillo...) encadrent cette région et procurent les trois quarts des richesses nationales.  L'agriculture d'oasis est en plein essor (coton, canne à sucre, vigne...). La pêche place le Pérou parmi les six premiers producteurs mondiaux. Les autres activités se concentrent à Lima, capitale macrocéphale regroupant 7,2 millions de personnes [1994 ] (près du tiers de la population, dix fois plus qu'Arequipa, la deuxième ville du pays ). Lima, qui regroupe plus de la moitié des emplois, monopolise la vie intellectuelle, financière et industrielle. Rançon de la puissance, elle attire les flux migratoires, mais ne peut offrir d'emplois aux migrants qui s'entassent dans les bidonvilles (40 % de la population liménienne ).       
 
 économie  
Le pays porte en lui les stigmates du sous-développement et connaît de profonds déséquilibres sociaux, régionaux et sectoriels. Si la situation économique et sociale était catastrophique pendant les années 1980, quelques signes de redressement tempèrent le pessimisme ambiant au début de la décennie suivante (l'inflation a atteint 7 800 % en 1990 pour redescendre à deux chiffres en 1994 : 15,7 %), sans que l'on puisse dire s'il s'agit de la convalescence ou d'une rémission temporaire du mal péruvien. Agriculture  Bien que l'agriculture ait connu une réforme dans les années 1960, la question agraire se pose toujours avec acuité. La réforme foncière ne fut guère confortée par des mesures d'accompagnement (financières et techniques ) et n'améliora que temporairement la vie des paysans. Si le milieu naturel est certes difficile à valoriser (seulement 3 % des terres sont cultivées ), les facteurs humains portent une large responsabilité : déficience des moyens de stockage et de transport, techniques parfois rudimentaires, faiblesse des prix imposés par les négociants. Cette situation décourage les producteurs, et la pénurie de denrées alimentaires menace les grands centres urbains. Dans les Andes perdure une agriculture vivrière (maïs, pommes de terre ) pratiquée au sein de petites exploitations (moins de 2 ha ), auprès desquelles les troupeaux de lamas et de moutons paissent sur de maigres pâturages. Dans les oasis de la région littorale et, dans une moindre mesure, sur le piémont andin se pratique une agriculture spéculative (coton, canne à sucre, fruits ). La culture la plus lucrative reste celle de la coca (60 % de la production mondiale ). Le trafic de drogue et l'insécurité sont un puissant ciment de la misère rurale. Pêche  Avec des prises atteignant près de 9 millions de tonnes, le Pérou était [en 1995 ], le deuxième producteur mondial de produits de la pêche. Le courant de Humboldt, qui baigne les 2 500 km du littoral, provoque une remontée (upwelling ) de sels nutritifs générant une explosion de la vie planctonique, permettant ainsi aux bancs de petits organismes pélagiques de proliférer. Le secteur de la pêche repose sur l'exploitation de deux espèces (anchois et sardine péruvienne ), qui, réduites en farine et en huile, approvisionnent les élevages industriels des pays développés. La pêche minotière, développée depuis les années 1960, se révèle moderne et puissante. Alors que les grands groupes industriels possèdent flottilles et usines, la pêche artisanale demeure archaïque. Cette dernière emploie 25 000 pêcheurs et se consacre à l'approvisionnement du marché intérieur. Bien que le pays soit un «géant halieutique », la consommation de produits de la mer reste faible, et 60 % de la population souffrent de dénutrition.
 
Ressources minérales et énergétiques  
Le sous-sol péruvien est un véritable «coffre-fort »: on dénombre pas moins de 21 produits exploités. Le pays est bien placé parmi les grands producteurs mondiaux d'argent (2e rang ) [1995 ] et de zinc (5e rang ) [1995 ], mais aussi d'étain et de cuivre. L'exploitation des hydrocarbures constitue la nouvelle richesse naturelle : le pétrole supplante dorénavant l'argent en valeur, et les géologues révisent régulièrement à la hausse l'estimation des ressources. Industrie  L'industrie a les caractéristiques d'une économie en crise : déséquilibre structurel, faible productivité, installations obsolètes, manque d'investissements. Longtemps exportés bruts, les produits du sous-sol sont dorénavant transformés dans le pays. Ainsi le Pérou s'est -il doté d'industries de base contrôlées par l'état. En revanche, la petite industrie manufacturière est squelettique, et l'artisanat reste largement dominant (textile, céramique ). Le gouvernement d'Alberto Fujimori s'est lancé, au début des années 1990, dans un vaste programme de privatisations. Commerce et services  Le commerce extérieur reflète l'insuffisante diversification de l'économie d'un pays qui demeure exportateur de quelques matières premières (produits miniers et agricoles, farine de poisson ) et importateur de biens d'équipement et de consommation. Le secteur public est soumis à une cure d'austérité (en moins de trois ans, le gouvernement Fujimori a limogé 500 000 fonctionnaires ). Seul le secteur informel (50 % des activités commerciales ) permet, tant bien que mal, la survie d'un nombre croissant de Péruviens. Les activités de la guérilla freinent l'essor du tourisme et désorganisent les transports. Le Pérou est urbanisé à 71,3 %. Le couple Lima-Callao rassemble environ 7 millions d'habitants et fournit la moitié du PNB. Les grandes agglomérations du littoral sont bien desservies par les voies de communication ; la route Panaméricaine (2 500 km ) constitue le principal axe de circulation du pays. L'espace andin demeure moins intégré : deux voies ferrées et trois grands axes routiers permettent les échanges avec la région littorale. En Amazonie, Iquitos, l'unique ville importante, n'est reliée à l'espace national que par air ou par eau.                         
                                                
 
Histoire
Depuis la destruction de l'Empire inca, le Pérou a connu une histoire marquée par la violence. Pillé par les conquistadores, victime des ambitions de caudillos puis de celles de ses voisins, le pays - jadis synonyme de richesse - s'enlise dans un conflit sanglant opposant l'état et les mouvements révolutionnaires, qui restent parmi les plus actifs d'Amérique latine.
 
Les civilisations précolombiennes.
Bien que les Incas soient le peuple le plus connu de l'époque précolombienne, ils ne furent que les héritiers des brillantes civilisations qui les précédèrent. Les vestiges archéologiques témoignent d'une occupation humaine remontant à 26 000 ans avant notre ère. à partir de 2500 av. J.-C., des temples sont érigés. La première civilisation, celle de Chavín de Huantar, s'épanouit vers 1500 et couvre la moitié du Pérou. De 300 av. J.-C. à 300 apr. J.-C. se développe la civilisation de Paracas (centre et sud ), à laquelle succéda celle des Chinchas.
 
Du VIIIe au XIIe siècle, la civilisation de Tiahuanaco (sur les bords du lac Titicaca ), qui fusionna avec l'empire de Huari, marque de son empreinte le centre du Pérou. à partir du XIIe siècle s'affirme l'empire des Chimús, qui s'opposent aux Incas, désireux d'imposer leur hégémonie. L'origine de ces derniers demeure controversée, leur nom même étant sujet à polémiques (il signifie «souverain » en langue quechua ). Vers 1200, les Incas fondent Cuzco, étendent leur domination sur les peuples voisins et assimilent les cultures des peuples conquis. Au début du XVIe siècle, leur Empire s'étend de la Colombie au Chili. Fortement structuré, il étonne les conquistadores. à la tête de l'état, outre l'Inca, prêtres, chefs guerriers et fonctionnaires assurent la gestion du royaume. L'ayllu, constitué de petites communautés villageoises, forme l'unité de base. La propriété privée de la terre n'existe pas (les fonctionnaires se chargent de la répartition des productions ). Le système du quipu (cordes nouées ) permet le recensement régulier des hommes et des biens. Les voies de communication quadrillent remarquablement l'Empire (11 000 km de pistes ). Privée de toute liberté individuelle, la population est soumise aux corvées, lesquelles ont permis d'édifier les grandes cités (Machu Picchu, Písac...).
 
L'époque coloniale
Francisco Pizarro commence la conquête du Pérou en 1531 avec 180 hommes ; il se rend maître, par traîtrise, du souverain inca Atahualpa à Cajamarca (1532 ). L'avidité provoque des querelles entre les conquérants (Pizarro est assassiné en 1541 ). Pedro de La Gasca, envoyé de Charles Quint, rétablit l'ordre et crée la vice-royauté du Pérou, dont Lima est la capitale. Dès lors commence l'exploitation des hommes et des richesses minières (or, argent de Potosí ). Parqués dans des réserves, convertis de force au christianisme, contraints de verser tribut en hommes et en denrées diverses, les Amérindiens se révoltent maintes fois. Le heurt des deux civilisations se traduit par l'effondrement démographique de la population andine, victime du choc microbien et des travaux forcés (c'est ce qui amène les Espagnols à importer des esclaves noirs ). Progressivement les fractures sociales s'exacerbent entre les créoles, qui contrôlent la vie économique, et les métropolitains, qui disposent du pouvoir politique et administratif.
 
 
Indépendance et évolution politique récente
Chronologie (1824): Indépendance du Pérou. Influencés par les idées révolutionnaires européennes, des mouvements insurrectionnels se manifestent et mettent à profit l'occupation de l'Espagne par les troupes napoléoniennes. De 1809 à 1824, les révolutionnaires, qui reçoivent l'appui de Simón Bolívar et de José de San Martín, combattent les royalistes. En décembre 1824, ces derniers sont définitivement vaincus à Ayacucho. Mais, alors que les vainqueurs se disputent le pouvoir, le Pérou traverse une longue période rythmée par des coups d'état et des conflits territoriaux avec ses voisins (Bolivie, équateur, Chili ). à partir de 1854, le pays retrouve une certaine prospérité grâce à la valorisation du guano et à la création des voies ferrées reliant Lima aux villes minières andines. La suppression de l'esclavage entraîne l'importation d'une main-d'ouvre chinoise. La guerre du Pacifique (1879 -1883 ), perdue contre le Chili, révèle la fragilité de la jeune nation. La bourgeoisie liménienne pactise avec l'occupant, tandis que se développent des mouvements de résistance dans les Andes. Le Pérou s'engage ensuite dans la voie de la prospérité : croissance des exportations de guano, de produits miniers et de caoutchouc ; investissements des firmes britanniques et américaines. Mais la situation sociale se durcit, notamment dans les campagnes. Dans ce contexte de tensions, les partis d'opposition se développent (création de l'Alliance populaire révolutionnaire américaine [APRA ] en 1924, et du parti communiste en 1930 ). Jusqu'en 1980 se succèdent coups d'état et gouvernements démocratiques.
 
La démocratie menacée
Après une longue période de gouvernement militaire (1968 -1980 ), le Pérou renoue avec la démocratie. Le président Fernando Belaúnde Terry tente sans succès une expérience libérale. En 1985, Alan García, candidat de l'APRA, remporte l'élection présidentielle. Il fait adopter des mesures sociales en faveur des plus démunis, refuse la «potion » libérale préconisée par le FMI et limite le remboursement du service de la dette (ce qui entraîne l'isolement du Pérou sur la scène internationale ). La crise économique et politique s'aggravant, García doit revenir en 1988 à une politique d'austérité ; source d'hyperinflation, celle -ci ampute de 40 % le pouvoir d'achat des Péruviens. En outre, le Pérou est le foyer d'une épidémie de choléra qui se répand dans toute l'Amérique latine. Parallèlement, l'activisme des guérilleros du Sentier lumineux et du Mouvement révolutionnaire Tupac-Amaru (MRTA ) fait régner un climat d'insécurité. En juillet 1990, Alberto Fujimori est élu président. En janvier 1995, un conflit éclate avec l'équateur à propos d'un territoire de la cordillère du Condor, déjà disputé entre les deux pays en 1941. En avril de la même année, le président en exercice, qui a remporté d'importantes victoires contre la guérilla, est réélu dans un contexte économique plus favorable mais sur fond de crise sociale. De plus, la prise d'otages de l'ambassade du Japon à Lima par le MRTA (décembre 1996 - avril 1997 ) et la persistance du narcotrafic conduisent à moduler le bilan de l'ère Fujimori.
 
état et institutions
Le régime républicain péruvien reposait jusqu'en 1992 sur un président élu pour cinq ans au suffrage universel direct et sur le Parlement, formé par la Chambre des députés (180 membres, élus au suffrage universel pour cinq ans ) et le Sénat (70 membres, élus pour la même durée par les régions ). L'équilibre entre l'exécutif et le législatif a été rompu en avril 1992, date à laquelle le président Fujimori, appuyé par l'armée, dissout le Parlement et suspend les garanties constitutionnelles ; on parlera de «coup d'état civil ». Dans un contexte de violence, l'armée (128 000 hommes ) demeure omniprésente ; 8 % du PIB lui sont consacrés. Le clergé joue également un rôle prépondérant ; les prêtres adeptes de la théologie de la libération épousent la cause des plus misérables et jouissent d'une influence certaine dans la société.
 
Culture et civilisation  
La civilisation péruvienne, complexe, est imprégnée d'anciennes cultures amérindiennes aussi prestigieuses que celles du Mexique. Depuis 1975, le quechua est langue officielle à côté de l'espagnol. Langue de la majorité des Amérindiens, il fut imposé par les Incas, puis diffusé par les missionnaires pour mieux propager leur religion. On parle aussi l'aymara dans le sud du pays et quelques langues du groupe arawak dans la forêt amazonienne. Art et architecture   L'art précolombien est très présent au Pérou. Les premières civilisations se sont concentrées sur la côte pacifique autour du centre de Chavín (2000 -200 av. J.-C. ). Elles ont laissé quantité de céramiques et de productions artistiques. Au début de notre ère, les cultures mochicas sont connues pour leurs temples et leurs pyramides en terrasses. Les Nazcas ont laissé des symboles qui sont toujours énigmatiques. Au XIe siècle, le rayonnement des cultures des hauts plateaux boliviens (Tiahuanaco ) atteint le Pérou. Par la suite, les Incas, qui fondent leur Empire autour de Cuzco, développent entre le XIe et le XVe siècle une architecture urbaine remarquable : immenses routes, nombreuses cités (les forteresses de Sacsahuamán et d'Ollantaytambo sont connues pour leurs blocs de pierre cyclopéens ). La ville de Machu Picchu (la «ville des aigles ») est l'exemple le plus réussi de cet art.  L'art colonial est inspiré des modèles européens. De nombreux tremblements de terre ont détruit les plus grandes réalisations architecturales. La diversité des styles est la règle : la cathédrale de Cuzco se caractérise par ses voûtes gothiques et son porche baroque. Les éléments indigènes ne sont pas absents dans les constructions (conception antisismique ). La peinture et la sculpture ne montrent d'originalité qu'à partir du XXe siècle, lorsque, cessant d'imiter les modèles européens, elles abordent un art abstrait qui se veut proche des traditions amérindiennes antiques. Littérature  La littérature péruvienne, à l'image de la poésie, déjà florissante au temps des Incas, est très riche. à l'époque coloniale, Garcilaso de la Vega, dit l'Inca, raconte l'histoire et les légendes de son pays (Comentarios reales, 1609 ). Après l'indépendance, les auteurs s'attachent à décrire la réalité quotidienne, à l'image de Ricardo Palma (Traditions péruviennes, 1872 ). Au XXe siècle, la poésie trouve son chantre en la personne de César Vallejo (Los heraldos negros, 1918 ; Trilce, 1922 ), qui exalte l'Indien des Andes et apporte un souffle nouveau à la littérature. La littérature indigéniste veut défendre, promouvoir et reconnaître l'Indien dans ses droits à la possession de la terre et à l'éducation. Les plus grands romanciers indigénistes péruviens sont Ciro Alegría (Vaste est le monde, 1941 ) et José María Arguedas (les Fleuves profonds, 1958 ). Avec une approche différente, Manuel Scorza (Roulements de tambours pour Rancas, 1970 ) écrit une saga consacrée aux paysans andins. Le réalisme «urbain » et social trouve aujourd'hui deux grands représentants avec Alfredo Bryce Echenique (Julius, 1970 ) et Mario Vargas Llosa (la Ville et les Chiens, 1962 ), candidat à l'élection présidentielle de 1990 et le plus célèbre des écrivains péruviens contemporains.
 
Musique et cinéma   
Une forte permanence des rythmes populaires précolombiens, mêlés aux influences hispaniques, est sensible dans la musique. Les instruments les plus répandus sont les flûtes andines - quena, sicu et antara (flûte de pan ) - et les guitares (dont le charango, fabriqué à partir d'une carapace de tatou ). Les mélodies les plus connues sont le yaravi et le huayno. L'influence africaine est nette dans les rythmes de la côte pacifique (marinera ). La musique classique, peu développée, trouve son inspiration dans les rythmes amérindiens. Le cinéma péruvien ne peut concurrencer ceux d'Argentine ou du Mexique. Il connut son âge d'or entre 1930 et 1950 avec des films à caractère ethnographique ou indigéniste. Il s'attache à montrer les tensions du monde rural et souligne la violence de la société contemporaine, comme avec Federico García et Francesco Lombardi (la Ville et les Chiens, 1985 ). Société  La société péruvienne est en pleine évolution. Malgré le métissage culturel imposé par les Espagnols depuis l'époque coloniale, elle reste fortement attachée à son passé amérindien. La religion catholique domine toujours, mais le protestantisme progresse. Les populations amérindiennes d'Amazonie pratiquent encore des cultes animistes. En 1990, le taux de scolarisation était de 97 % pour le primaire, de 65 % pour le secondaire et de 24 % pour le supérieur. Ce dernier est dispensé dans 33 universités (dont 11 privées ); la plus célèbre est celle de San Marcos, à Lima (fondée en 1511, c'est la plus ancienne d'Amérique ). En 1990, on comptait 20 quotidiens, qui tiraient à 900 000 exemplaires.   Les traditions varient en fonction de l'espace géographique qu'occupent les populations. Sur la côte, où celles -ci sont le plus métissées, les très nombreuses fêtes sont l'occasion de manifestations musicales dont les rythmes témoignent de la présence africaine. Dans la forêt amazonienne s'imposent toujours les traditions amérindiennes. Mais les contacts avec les Européens n'ont pas toujours été bénéfiques, comme le rappelle Claude Lévi-Strauss dans Tristes Tropiques (1955 ). Sur les hauts plateaux, les Indiens et les métis ont conservé beaucoup de leur patrimoine culturel. Au cours des cérémonies catholiques, la permanence des rites précolombiens illustre la superposition des deux cultures.        
 
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