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- Le Festival Folklorique de Montoire,
c'est bien. Voir ces "ambassadeurs" de cultures quelquefois
lointaines, c'est tr¢bien. Les rencontrer, leur parler pendant
ces quelques jours de festival, c'est tr¢tr¢bien. Si en
plus vous retenez quelques unes des informations qui suivent, ils seront
fiers des connaissances que vous avez de leurs pays respectifs.
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Inde
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- L'Inde forme un immense État,
qui fascine autant par la richesse de sa civilisation que par la diversité
de sa population. Cet État, grand comme six fois la France, fruit
d'une longue histoire, résulte directement de la division de l'Empire
britannique des Indes au moment de l'indépendance, aboutissant à
la formation de deux puis trois États distincts : Inde et Pakistan
en 1947, ce dernier se scindant ensuite et donnant naissance au Bangladesh
en 1971. Depuis lors, malgré de nombreuses difficultés et
bien des conflits, l'Inde a connu une certaine stabilité politique,
et a conservé le même régime de démocratie parlementaire
(c'est «la plus grande démocratie du monde »). Une stratégie
originale en matière de développement économique lui
a permis de devenir une puissance à l'échelle mondiale et
de faire face à une augmentation considérable de sa population,
qui devrait dépasser celle de la Chine vers le milieu du XXIe siècle.
Toutefois, alors que les tensions et les crises graves perdurent, le niveau
de vie ne s'améliore que très lentement.
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- Géographie
physique
- D'une superficie totale de 3 287 590 km 2, le socle indien
forme un ensemble de plateaux et de moyennes montagnes. Il prend grosso
modo la forme d'un losange dont la partie méridionale constitue la
péninsule indienne, et la partie septentrionale, jusqu'aux environs
de Delhi, une Inde centrale, plus massive. Des moyennes montagnes de diverses
origines sont localisées sur les bordures du socle, tandis que les
plateaux dominent au centre.
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Géologie
- La plus grande partie de l'Inde
méridionale et centrale est constituée par un socle qui a
connu plusieurs phases de sédimentation, de plissement et d'aplanissement
par érosion. Il est constitué de roches formées entre
le précambrien et la fin du primaire. Les granites et gneiss cristallins,
qui offrent une forte résistance à l'érosion, ne sont
plus susceptibles que de déformations d'ensemble ou de cassures localisées.
Les principaux mouvements tectoniques ont provoqué un basculement
d'ensemble du socle, soulevant sa partie occidentale aux dépens du
Centre et de l'Est. De grandes failles ont déterminé le tracé
des côtes et créé des reliefs bordiers, continus le
long de la côte occidentale de la péninsule. D'autres, qui
prennent une direction dominante est-ouest, ont principalement affecté
le nord-est du socle. Dans certaines régions se retrouvent les traces
de plis anciens désormais arasés ; la conservation de leurs
«racines » se traduit par des affleurements de roches plus ou
moins métamorphisées et dures. Des sédiments datant
de la fin du primaire sont conservés dans des fossés qui renferment
d'importantes ressources de houille. Au cours d'une très longue période
d'activité volcanique – qui, bien que difficile à dater en
raison de l'absence de fossiles, semble avoir commencé au crétacé
et s'être prolongée jusqu'au début du tertiaire –, de
vastes nappes de laves basaltiques fluides se sont étalées
au nord-ouest du socle. Ces laves étant montées le long de
multiples fissures, il n'existe pas d'appareils volcaniques bien individualisés.
Après chaque phase d'émission, des épisodes de sédimentation
et d'altération ont laissé, entre chaque grande coulée,
des lits rouges qui se sont superposés. Les surfaces supérieures
des dernières coulées forment des plateaux (trapps ); elles
s'étalent sur plus de 500 000 km 2. Le socle occupe une partie de
la plaque indienne, qui se trouve en mouvement vers le nord depuis une centaine
de millions d'années, déplacement au cours duquel elle a rencontré,
à l'ère tertiaire, la plaque asiatique (ou tibétaine
). Au contact de ces deux plaques se sont formées une profonde fosse
de subduction et une zone fortement soulevée et plissée :
la première a donné naissance aux plaines empruntées
par l'Indus et le Gange, la seconde correspond aux puissants reliefs himalayens
(Karakorum et Tibet ); ces derniers sont flanqués sur leurs bordures,
où la collision a été moins violente, par les chaînes
des confins afghans, à l'ouest, et par les montagnes prébirmanes,
à l'est. Les montagnes du système himalayen sont formées
de roches cristallines, métamorphiques et sédimentaires. L'ensemble
a été déformé par d'immenses nappes de charriage
déversées vers le sud, puis affectées de cassures et
de mouvements d'ensemble largement responsables des grands traits du relief.
Des sédiments tertiaires arrachés à la grande chaîne
ont été plissés dans les chaînons bordiers des
monts Siwalik. Reliefs et milieux physiques Les parties du socle les
moins affectées par des mouvements tectoniques récents ont
conservé de grandes étendues de plateaux. Les surfaces planes
Un premier type de région géomorphologique, bien représenté
dans le centre de la péninsule, correspond aux vastes surfaces d'aplanissement
surmontées par des reliefs dont les pentes raides se dressent au-dessus
des plateaux, comme des îles sur la mer : c'est pour cette raison
qu'on les qualifie d'inselberg («montagnes-îles », en
allemand ). Ces reliefs sont dus à des affleurements de roches particulièrement
dures, notamment des gneiss très résistants (charnockites
). Leur aspect particulier s'explique par la profondeur des altérations
des roches, liées aux fortes températures et à l'humidité
du climat, tandis que l'alternance de périodes sèches et pluvieuses
a permis le maintien de pentes raides et l'élaboration de plans inclinés
à leur pied. Les granites et les gneiss se sont décomposés
sous l'action d'un climat chaud et globalement pluvieux ; ils ont donné
des sols rouges, d'une fertilité assez médiocre. Un second
type de plateau, lié aux nappes de basaltes, recouvre le nord-ouest
de la péninsule. Leurs sommets sont plans ; les versants de vallées
sont découpés en marches d'escalier, qui correspondent à
des différences de résistance à l'érosion entre
les «lits rouges » et les coulées basaltiques.
Ces marches
portent des sols noirs, riches en bases, pouvant retenir des quantités
considérables d'eau entre les étages qui les constituent :
ce sont les fameux regurs, sols adaptés à la culture du coton.
Les moyennes montagnes Au nord-est et à l'est du socle, des
masses homogènes de granites et de gneiss ont été soulevées
au tertiaire, déclenchant par la suite une phase d'érosion.
Agissant dans des roches de résistance similaire, cette dernière
a sculpté un relief de hautes croupes arrondies, sans direction dominante,
qui évoquent le massif français des Vosges. Des moyennes montagnes
offrent un aspect assez différent, dans la mesure où elles
résultent d'une seconde phase d'érosion sur des alignements
de roches dures correspondant aux racines de plis anciens. C'est notamment
le cas pour les monts de Cuddapah, au sud-est, et la chaîne des Aravalli,
qui s'allonge des environs du golfe de Cambay à Delhi. Comparables
à ceux de la vieille chaîne de l'est des États-Unis,
ces reliefs sont qualifiés d'appalachiens. Les cassures ont créé
de grands escarpements qui ont été ultérieurement disséqués
par l'enfoncement des cours d'eau. La plus spectaculaire de ces failles
a engendré une véritable muraille continue en bordure de la
mer d'Oman, les Ghats occidentaux (en sanskrit, le terme ghat désigne
une marche d'escalier ). Des failles est-ouest ont affecté le Nord-Ouest
; elles ont donné naissance à des escarpements de même
direction (monts Vindhya et Satpura ). L'ensemble du Deccan a subi un mouvement
de bascule, relevant plus l'Ouest que l'Est ; la dissymétrie entre
les côtes en est l'une des conséquences majeures. Les cours
d'eau principaux prenant une direction orientale, ils ont construit de puissants
deltas le long du golfe du Bengale, qui se trouve de la sorte bordé
de plaines. À l'opposé, l'escarpement des Ghats domine presque
directement la mer d'Oman, sauf dans le Sud, où subsiste une mince
plaine littorale. La zone himalayenne Le comblement de la fosse préhimalayenne
est complété par les alluvions actuelles des fleuves. Des
cônes de piémont se rencontrent en bordure des montagnes ;
les eaux qui s'y infiltrent réapparaissent en aval, où elles
entretiennent une zone marécageuse, le terai. Dans l'axe de la dépression,
des terrasses alluviales dominent les lits majeurs comportant des basses
plaines submersibles et des bourrelets de berge, plus élevés
le long des lits mineurs. Les montagnes du Nord sont composées d'éléments
différents qui se succèdent vers le sud : la haute chaîne
de l'Himalaya, ou Grand Himalaya, domine de ses sommets perchés entre
6 000 et 8 846 m le plateau du Tibet, dont les altitudes se situent autour
de 4 000 m. Le Moyen Himalaya, au sud de la haute chaîne, porte des
sommets moins élevés (de 3 000 à 4 000 m ); des vallées
et des bassins viennent quelque peu aérer le relief. Un alignement
plus élevé et continu domine à son tour les chaînons
des Siwalik, en bordure de la grande plaine. Les contrastes transversaux
ne sont pas absents : alors que l'ensemble est plus complexe et élevé
au nord-ouest, dans la région du Cachemire, les plus hauts sommets
sont toutefois népalais.
-
- Le climat
- Comprise entre 8 ° et
35 ° nord, latitudes correspondant à celles de Dakar et d'Agadir,
l'Inde a un climat chaud qui doit beaucoup au mécanisme des moussons
(terme venant de l'arabe mausim, «saison »).
L'hiver En
hiver, le pays est recouvert par des zones de hautes pressions appartenant
à la famille des anticyclones subtropicaux, lesquels sont présents
tout autour du globe en cette saison, un peu au nord du tropique du Cancer.
Les pressions diminuant vers l'équateur, les vents qu'émettent
les anticyclones prennent une direction nord-est - sud-ouest à la
suite de la déviation qu'impose la rotation de la Terre : c'est la
mousson d'hiver, qui draine un air sec d'origine continentale. Les anticyclones
ne sont pas favorables aux ascendances que nécessite la formation
de précipitations ; aussi le temps est -il sec sur l'ensemble du
territoire, tandis que le ciel demeure clair. Les températures (plus
de 20 °C le jour, autour de 15 °C la nuit ) varient en fonction
de la latitude. Elles fléchissent nettement, surtout la nuit, au
nord d'une ligne reliant Bombay à Calcutta. Dans les plaines de l'extrême
Nord, des gelées nocturnes peuvent survenir. Les derniers mois de
la saison sèche (de février à mai ) sont très
chauds sur l'ensemble du pays : les températures atteignent plus
de 35 °C à la mi-journée. L'été En
été, la circulation atmosphérique est totalement réorganisée.
Une dépression, à peu près permanente au nord-ouest
de la région, se prolonge en direction du golfe du Bengale par un
axe de basses pressions. D'autre part, des dépressions mobiles, qui
se forment fréquemment dans le golfe du Bengale et se déplacent
vers le nord-ouest, balaient les régions septentrionales. Les pressions
étant élevées aux latitudes tropicales de l'hémisphère
Sud, un immense courant d'air humide se dirige de l'océan Indien
vers la péninsule. En raison de la déviation due à
la rotation de la Terre, ce flux se dirige vers l'Inde sous la forme d'un
courant de sud-ouest ; il tourne ensuite autour de l'axe dépressionnaire
de l'hémisphère Nord, dans le sens inverse de celui des aiguilles
d'une montre, et remonte la plaine du Gange. La direction de la mousson
d'été est donc opposée à celle de la mousson
d'hiver. Le mécanisme de la mousson L'arrivée de masses
d'air humide permet la formation de nuages entraînant d'abondantes
précipitations. Celles -ci, inégalement réparties,
dépendent à la fois de l'alimentation en air chargé
de vapeur d'eau et des mécanismes pouvant provoquer les ascendances
nécessaires au déclenchement des pluies. Les précipitations
sont particulièrement fortes le long des côtes occidentales
de la péninsule, où la mousson bute sur des accidents topographiques
assez nets, et dans tout le Nord-Est, où les effets du relief se
combinent à ceux des dépressions mobiles, véritables
«cheminées d'ascendance ». En revanche, les régions
centrales de la péninsule, ainsi que les côtes orientales,
plus plates et non touchées par les dépressions, restent modérément
arrosées. C'est surtout dans son trajet sud-est - nord-ouest, le
long de la plaine du Gange, que la mousson perd une grande partie de son
humidité. Les dépressions mobiles, qui jouent un rôle
important dans le déclenchement des pluies, sont assez «capricieuses
»: de graves sécheresses peuvent survenir les années
où elles apparaissent rarement. Le Nord-Ouest connaît des climats
beaucoup plus secs, voire à tendance aride. À mesure que la
mousson faiblit, à partir de la fin septembre, les pluies diminuent
progressivement. Toutefois, des dépressions mobiles se forment encore
dans le golfe du Bengale, uniquement dans les zones les plus méridionales
: elles expliquent les pluies dont bénéficient encore les
côtes orientales de la péninsule. Certaines de ces dépressions
sont suffisamment fortes pour provoquer des dégâts considérables
le long des côtes. Le bilan des contrastes saisonniers est nuancé.
Les moyennes montagnes de la côte occidentale et du Nord-Est ainsi
que les régions orientales de la plaine du Gange ont des climats
très pluvieux. Les moyennes montagnes de l'est du socle et les deltas
bordiers du golfe du Bengale, encore bien arrosés, reçoivent
la plus grande partie de leurs précipitations en automne. Les plateaux
du centre de la péninsule sont nettement plus secs, moins toutefois
que les régions de plaines et de moyennes montagnes (Aravalli ) du
Nord-Ouest. Les versants himalayens tournés vers le sud sont très
arrosés, surtout à l'est et au centre, tandis que la sécheresse
marque les bassins et vallées situés dans le nord de la haute
chaîne. L'altitude joue un rôle prépondérant :
quelques kilomètres seulement séparent les régions
de basses pentes, qui connaissent des climats tropicaux humides, des hauts
sommets himalayens, où se trouve marquée l'influence polaire.
Hydrologie L'abondance des précipitations estivales et la disposition
du relief ont doté l'Inde de grands fleuves au débit abondant.
Toutefois, les contrastes sont marqués entre les systèmes
hydrologiques influencés par l'Himalaya et ceux issus de la péninsule.
Né dans l'Himalaya, le Gange emprunte l'axe de la plaine à
laquelle il a donné son nom ; il forme ensuite un delta commun avec
le Brahmapoutre au fond du golfe du Bengale. Les débits estivaux
sont importants du fait de l'abondance des pluies et de la fonte des neiges
et des glaciers himalayens (qui peut compenser le fléchissement des
précipitations lors des années sèches ).
Les réserves
accumulées dans les nappes soutiennent les débits hivernaux,
qui restent très inférieurs à ceux de l'été.
Des périodes particulièrement pluvieuses, dues à une
activité anormale des dépressions mobiles, peuvent provoquer
de graves inondations, surtout dans le cours inférieur du fleuve.
Également issues de l'Himalaya, des rivières, notamment la
Sutlej, se dirigent vers le Pakistan et se jettent dans l'Indus. La plupart
des grands fleuves naissent près de la mer d'Oman, dans les Ghats
occidentaux, pour aller se jeter dans le golfe du Bengale. Les plus importants
sont la Mahanadi, la Godavari, la Krishna et la Kaviri. Ce n'est que dans
le nord de la péninsule que des cassures ont permis à la Narbada
et à la Tapti de s'écouler d'est en ouest pour se jeter dans
la mer d'Oman. Ces cours d'eau et leurs affluents sont essentiellement alimentés
par les pluies d'été, abondantes en amont des bassins. Les
débits hivernaux sont peu soutenus, et les années de faible
abondance sont assez fréquentes. La correction de ces régimes
est apparue particulièrement utile ; elle a été effectuée
par la construction de grands barrages, comme ceux de Hirakud sur la Mahanadi
ou de Nagarjunasagar sur la Krishna. Le monde vivant Le paysage végétal
indien se résume essentiellement à son exploitation agricole
: rizières aux digues plantées de palmiers dans les régions
les plus humides, champs ouverts piquetés d'arbres dans les parties
les plus sèches. Les forêts ne sont plus guère conservées
que dans les moyennes montagnes ou dans l'Himalaya. Dans les premières,
on ne trouve de grandes forêts sempervirentes que dans l'extrême
Sud-Ouest (celles des autres régions perdent leurs feuilles en hiver
). Elles recèlent des essences précieuses, comme le teck ou
le santal. Les moyennes montagnes sèches et les parties les plus
rocailleuses des plateaux sont recouvertes de brousse épineuse. En
raison de la latitude, les forêts himalayennes peuvent se développer
à plus de 3 000 m, voire 4 000 m d'altitude. Le climat chaud et un
certain respect de la vie, qui fait partie intégrante de la culture
indienne, permettent le maintien d'une faune abondante, avec une extraordinaire
variété d'oiseaux, de singes et de reptiles, parmi lesquels
figure le fameux cobra. Cependant, les animaux qui ont besoin de vastes
territoires de chasse ou de pâture sont menacés de disparition,
à l'image des tigres, dont l'effectif total ne dépasse pas
300 individus. Naguère encore, le terai offrait des terrains de chasse
; mais ils ont à peu près disparu avec le développement
du défrichement. Les éléphants sauvages, pour leur
part, ne se rencontrent plus guère que dans des réserves naturelles
qui sont assez nombreuses dans les moyennes montagnes.
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- Population
- Deuxième pays au monde par
la population, avec 969,7 millions d'habitants [estimation 1997 ], l'Union
indienne (Bharat ), qui présente aujourd'hui une structure fédérale
par laquelle elle tente d'harmoniser ses diversités linguistiques
et culturelles, est aussi l'un des plus densément occupés
(294,9 h./km 2 ) [estimation 1997 ]. La croissance Cette position
mondiale, qui tient plus à sa forte densité de peuplement
qu'à l'extention de son territoire, a cependant des racines anciennes
: selon les spécialistes de la démographie historique, la
région correspondant à l'ancienne Inde britannique abrite
environ 20 % de la population mondiale, et ce depuis les débuts de
l'ère chrétienne. Effet de l'implantation précoce d'États
centralisés, cette situation doit aussi beaucoup au développement
de la riziculture irriguée, une des techniques agricoles traditionnelles
les plus productives et les plus consommatrices en force de travail. L'Inde
a conservé une partie de cette «avance ». Pourtant, l'«explosion
démographique » a été relativement tardive (1920
). Depuis l'indépendance, le taux d'accroissement naturel est resté
remarquablement stable : autour de 1,9 % par an [estimation 1997 ]. Cette
régularité traduit une évolution parallèle des
taux de natalité et de mortalité : de 1965 à 1997,
le premier est passé de 40 ‰ à 29 ‰, le second de 20 ‰ à
10 ‰. Le gouvernement a très tôt essayé de promouvoir
la limitation des naissances, utilisant plus volontiers la persuasion et
la propagande que des méthodes coercitives. Le succès de cette
stratégie n'a été que partiel, sans doute à
cause de l'insuffisance du développement des équipements médicaux
et des difficultés à sensibiliser une population rurale largement
majoritaire. Quoi qu'il en soit, on peut y voir aussi un effet des insuffisances
dans l'évolution de la condition féminine : l'Inde est l'un
des rares pays où l'espérance de vie des femmes équivaut
presque à celle des hommes ; en outre, les femmes accusent un retard
certain du point de vue de l'alphabétisation. La diversité
des communautés La population indienne se caractérise
par une série de divisions en communautés très contrastées.
Les divisions liées aux «castes » sont les plus importantes
; elles reposent sur la répartition des Indiens en quelques milliers
de groupes endogames, théoriquement déterminés par
une spécialisation professionnelle et dont les membres sont classés
selon leur jati (position hiérarchique, aux règles bien établies
dans chaque village et dans chaque région ). D'autre part, à
cette division en castes professionnelles se superpose une division religieuse
en quatre «castes » ou varna, elles aussi définies, en
théorie, par une spécialisation – varna sacerdotale des prêtres
ou brahmanes, varna des guerriers (kshatriya ), varna des commerçants
(vaiçya ), des travailleurs manuels (çudra ) –, ainsi qu'une
population «hors varna », située au bas de l'échelle
et souvent désignée par le terme de harijan («intouchables
»). Il est donc à remarquer que le terme portugais casta peut
aussi bien désigner des varna que des jati, si bien qu'il introduit
une confusion ; en outre, une partie des plus anciennes populations, non
hindoues, ne connaissent pas ce système en raison de leur organisation
tribale. À ces différenciations en castes vient s'ajouter
la pluralité des religions. Si les hindous sont largement majoritaires
(82,6 % de la population ), devant une très forte minorité
de musulmans (11,4 %), les fidèles des religions nées dans
le monde indien (bouddhistes, sikhs, jaïns ) ou perse (parsis ), ainsi
que les convertis au christianisme, ne représentent cependant pas
plus de 6 % des croyants.
L'Inde n'a aucune unité linguistique. Les
grandes langues appartiennent à deux groupes distincts : langues
indo-européennes dans le Nord, langues dravidiennes dans le Sud.
Il faut y ajouter les multiples langues des populations «tribales
», lesquelles comptent un faible nombre de locuteurs. L'anglais, deuxième
langue officielle, joue un rôle notable dans la vie politique et économique
du pays. La coexistence des communautés n'est pas chose aisée.
Les Indiens ont cru trouver une solution en adoptant une structure fédérale,
avec des États dont les limites ont été dessinées
de façon à tenir compte des différences linguistiques.
Certains d'entre eux sont très grands ; le plus peuplé, l'Uttar
Pradesh, compte presque 140 millions d'habitants. Au cours de ces dernières
décennies, les revendications des populations «tribales »
ont conduit à créer de minuscules États, notamment
dans les montagnes du Nord-Est. La répartition La part
des agriculteurs dans la population indienne restant largement dominante
(66 % des actifs ), la productivité de l'agriculture demeure le déterminant
essentiel de la distribution de la population. Les densités les plus
fortes se rencontrent dans les plaines humides, le long du Gange et dans
les deltas de la côte orientale, où elles dépassent
fréquemment les 400 h./km 2. Au contraire, les régions sèches
du Nord-Ouest et une partie des moyennes montagnes du socle connaissent
des densités relativement faibles, bien qu'elles soient rarement
inférieures à 100 h./km 2. La population urbaine, qui augmente
plus vite que la population rurale, ne représente que 25,7 % des
Indiens, soit un effectif de plus de 200 millions de personnes. La répartition
des villes, dont vingt-cinq dépassent le million d'habitants, n'est
pas fondamentalement différente de celle de l'ensemble de la population,
même si le Sud est plus urbanisé. New Delhi, la capitale, Bombay
et Calcutta – respectivement 11,6 millions [1994 ], 11,2 millions et 10,8
millions d'habitants – sont les trois plus grandes agglomérations.
Dans un rayon de 100 à 200 km, leurs satellites connaissent une croissance
particulièrement rapide.
-
- Économie
- La répartition de la population
et des activités économiques est déterminée
par une série de liaisons réciproques et de rapports avec
les milieux physiques. Dans un pays où l'agriculture fournit encore
près des deux tiers des emplois, il n'est pas étonnant que
la productivité des systèmes agricoles soit un facteur essentiel
pour expliquer les densités rurales ; pour une large part, il en
va de même de la localisation des villes : elles ont été,
et restent, des centres de services pour la population rurale. Les systèmes
de culture fondés sur le riz autorisent de très fortes densités,
tout particulièrement dans les plaines humides, qui forment un grand
arc depuis le littoral du Sud-Ouest jusqu'à la plaine moyenne du
Gange, incluant la côte orientale et ses grands deltas. La pratique
de l'irrigation a permis de corriger les effets du milieu physique et d'étendre
sensiblement le domaine de la riziculture. De plus, la prospérité
des agriculteurs n'est pas plus élevée dans les anciennes
régions de forte productivité que dans les zones de densités
moyennes, maintenant modernisées, comme le nord-ouest de la plaine
du Gange et certaines parties du Sud. Deux autres grands facteurs
viennent influencer la différenciation de l'espace indien. La politique
coloniale, d'abord, qui a développé trois comptoirs majeurs
le long des côtes (Bombay, Calcutta, Madras ) et conservé un
rôle politique important à Delhi.
Ces villes, devenues grands
centres d'industrie et de direction économique, ont influencé
les vastes régions situées à leur proximité.
La politique dirigiste du gouvernement, ensuite, a conduit à des
implantations industrielles dans une série de villes de l'intérieur
: l'État cherchait à valoriser les ressources du sous-sol
en créant des villes nouvelles à proximité immédiate
des principaux gisements. Ainsi émerge, de la combinaison de ces
trois influences essentielles, une différenciation spatiale complexe,
source d'inégalités interrégionales. Trois grands pôles
dominants se sont mis en place autour de Bombay, de Calcutta et de Delhi.
Le Sud tout entier a une agriculture relativement prospère, associée
à une nébuleuse de puissantes villes industrielles. L'intérieur
de la péninsule a atteint un certain équilibre grâce
à la modernisation de son agriculture et à l'essaimage de
ses centres industriels. La situation est difficile dans un certain nombre
de régions rizicoles très densément peuplées,
où le développement des ressources n'a pas suivi la croissance
démographique (plaine moyenne et inférieure du Gange ). Le
Nord-Ouest, qui est très sec, et les montagnes du Nord et du Nord-Est
restent marginaux. Agriculture L'agriculture, qui n'intervient que
pour 31 % dans la formation du PIB, est handicapée par les difficultés
que rencontrent les petits exploitants, en dépit des efforts qui
ont été faits pour améliorer leur statut. Grâce
à la révolution verte, elle a pu faire face à l'augmentation
de la population, sans toutefois parvenir à limiter les disparités
sociales et régionales. Une réforme agraire modérée
Les dernières décennies de la période coloniale
avaient été marquées par une croissance très
lente des productions vivrières. Les nouveaux dirigeants considéraient
que cette situation était largement imputable à des structures
sociales «paralysantes ». Dans bien des régions, les
cultivateurs se trouvaient dans l'incapacité de vivre convenablement
; en outre, l'investissement rural était gelé par les lourds
prélèvements opérés par les propriétaires
absentéistes, qui se contentaient souvent de tirer une rente du sol,
préférant se livrer au prêt usuraire plutôt que
de procéder à des investissements productifs. Ne disposant
finalement pas de garanties de stabilité suffisantes, les tenanciers
n'étaient guère incités à investir. Une partie
des propriétaires absentéistes tiraient leurs droits d'une
législation héritée de l'Empire moghol, étendue
et radicalisée par les Britanniques, qui avaient notamment transformé
certains collecteurs d'impôts (les zamindar ) en véritables
propriétaires. Pour remédier à cet état de fait,
les dirigeants du parti du Congrès préconisèrent la
mise en œuvre d'une réforme agraire modérée : modification
juridique du statut de la terre, sans partage des terres ni collectivisation.
La fonction de zamindar abolie, les tenanciers purent recevoir des garanties
de stabilité, alors que les loyers de la terre étaient plafonnés.
Les législations différant d'un État à l'autre,
le bilan de la réforme agraire est difficile à établir.
Dans bien des régions, elle a permis l'émergence d'une «paysannerie
moyenne » d'agriculteurs disposant, en tant que propriétaires
ou tenanciers, d'exploitations rentables et à même d'effectuer
des investissements. Dans l'ensemble du pays, ceux -ci contrôlent
près de la moitié de la surface agricole utilisée.
Toutefois, les conditions de vie sont très difficiles pour les minifundiaires
: disposant de moins de 2 ha de terre, ils ne contrôlent que le quart
de la surface agricole, même s'ils représentent un peu plus
des trois quarts des exploitants. Le sort des ouvriers agricoles sans terre
– environ 40 % des paysans – est encore moins enviable. Du point de vue
économique, la répartition de la terre peut assurer des conditions
favorables à l'activité agricole, d'autant que les minifundiaires
et les travailleurs sans terre sont particulièrement nombreux dans
certaines régions (Est de la plaine du Gange, Kerala ). En prenant
en compte la très forte densité de la population, on voit
mal comment une redistribution de terres plus radicale pourrait être
effectuée. Le développement d'activités non agricoles
semble être une alternative incontournable. Les systèmes de
culture La pression démographique a conduit les agriculteurs
indiens à associer deux périodes de cultures dans leur calendrier.
Les cultures d'été (kharif ), effectuées en saison
des pluies, sont complétées par des cultures d'hiver (rabi
), dont le problème majeur est l'alimentation en eau. Le recours
à l'irrigation joue depuis des siècles un rôle important
dans le calendrier agricole. Les apports artificiels d'eau permettent de
protéger les cultures kharif contre les irrégularités
des précipitations et de substituer des cultures grosses consommatrices
d'eau, comme le riz et la canne à sucre, à des plantes dont
les besoins sont moindres, mais qui sont peu valorisées (millets,
arachides ). Le rôle déterminant de l'irrigation pour l'extension
des cultures rabi a été rapidement mis en évidence.
La gamme des procédés techniques utilisés pour corriger
les inconvénients de la répartition des pluies, dans le temps
et dans l'espace, est très vaste : canaux distribuant les hautes
eaux des rivières, puits, petits réservoirs (tanks ), système
de canaux partant des grands barrages-réservoirs. Les systèmes
de culture fondés sur le riz permettent plusieurs types d'associations
: avec la canne à sucre (en été ), les millets, les
oléagineux «tempérés » (colza, ricin, sésame
) et les pois (en hiver ). Ils caractérisent les régions bordières
pluvieuses : petites plaines de la côte occidentale, deltas de l'Est,
partie orientale de la plaine du Gange. L'irrigation étend désormais
le domaine des cultures rabi de riz.
Les systèmes fondés sur
les millets – sorgho (jowar ), mil (bajra ) – associent des cultures sous
pluie de millets et d'arachides avec du riz irrigué en kharif. Dans
les régions où les sols ont un grand pouvoir de rétention
d'eau, notamment sur les sols noirs que portent les basaltes, la culture
du coton prend une grande place. Ces types d'associations dominent dans
les régions relativement sèches du centre de la péninsule.
Pour sa part, le blé est associé avec des pois et des oléagineux
«tempérés » (rabi ), du maïs, voire du riz
et de la canne à sucre (kharif ); cette combinaison est caractéristique
des plaines septentrionales, où la baisse hivernale des températures
est suffisante pour exclure les espèces tropicales de la période
rabi, notamment le riz. L'hiver y assure, en outre, de bonnes conditions
pour le blé, culture nécessitant un apport d'eau relativement
faible. La révolution verte Après une période
qui a vu le gouvernement tenter de répartir équitablement
les investissements dans l'ensemble du pays, la grave crise des années
1965 -1966 a fait prendre conscience des inconvénients d'un «saupoudrage
» orchestré par New Delhi. Les pouvoirs publics ont donc cherché
à associer sur les mêmes espaces l'irrigation, les engrais
et les variétés à haut rendement mises au point dans
des laboratoires de recherche agronomique. Cette stratégie, dite
de la «révolution verte », a produit des effets spectaculaires
: l'Inde a cessé d'importer des produits alimentaires tout en faisant
face à l'augmentation de sa population. Mais la réussite n'est
pas complète. Les inégalités se sont creusées
entre les régions : les progrès ont avantagé celles
qui étaient déjà bien dotées du point de vue
des sols et des ressources en eau, à commencer par l'ensemble du
Sud et par des États comme le Pendjab. D'autre part, si le niveau
de vie des paysans s'est amélioré dans les régions
les plus avancées, les inégalités sociales se sont
maintenues, et même accentuées. La «révolution
verte » est surtout le fait d'une moyenne paysannerie qui reste très
minoritaire. Mines et énergie Les ressources du sous-sol sont
variées. Si elles permettent de faire face à certains besoins
actuels et d'alimenter le secteur des exportations, les réserves
sont souvent insuffisantes pour offrir de réelles bases de développement.
En matière d'énergie, l'Inde possède pourtant un atout
non négligeable avec l'importance de la production et des réserves
de charbon. La houille, dont l'Inde est le quatrième producteur mondial,
est conservée dans des fossés d'effondrement du nord-est du
socle, notamment dans celui qu'emprunte la vallée de la Damodar ;
premier bassin exploité en raison de la proximité de Calcutta,
il reste en tête pour la production, même si la zone d'extraction
s'est étendue vers le sud et l'est, jusqu'à la Godavari. Le
pétrole jaillit dans deux régions limitées : le fossé
de l'Assam, dans le Nord-Est, et les environs du golfe de Cambay, dans l'Ouest,
où l'exploitation est en grande partie sous-marine, comme au large
du port de Bombay. La production, encore modeste (45 millions de tonnes
en 1997 ), permet de couvrir près de la moitié de la consommation
actuelle, il est vrai assez sobre. En ce qui concerne l'électricité,
pour l'essentiel produite par des centrales thermiques fonctionnant au charbon,
l'Inde se situe au huitième rang mondial des producteurs. L'hydroélectricité,
qui compte pour 25 % dans le total, provient de centrales installées
à la sortie de l'Himalaya ou sur les grands fleuves de la péninsule.
Pour mieux desservir les régions occidentales, des centrales nucléaires
ont été construites (neuf sont actuellement en activité
). Le socle indien produit des minerais très variés. Les gisements
de fer sont nombreux et dispersés ; hormis celui de Goa, dont les
exportations vers le Japon ont suscité le développement, les
plus productifs se situent actuellement dans le Nord-Est, à proximité
des zones charbonnières. Les ressources en cuivre, aluminium, or
et argent ne sont pas négligeables, même si elles ne peuvent
supporter la comparaison avec le manganèse, le chrome, l'amiante
et le mica, matières premières alimentant les exportations.
Industrie Dès 1947, les dirigeants indiens ont souhaité
compléter l'indépendance politique par une autonomie économique
fondée sur la mise en place d'une gamme complète d'industries,
de la sidérurgie aux biens de consommation. La stratégie indienne
La politique industrielle a reposé sur l'édification
d'un secteur public puissant et sur le partage des tâches entre les
entreprises publiques et un secteur privé strictement contrôlé.
Cette stratégie, périodiquement revue, a été
mise en œuvre dans le cadre de plans quinquennaux fixant des objectifs et
définissant les moyens pour les atteindre. Le financement des investissements
publics a été assuré par la mobilisation de l'épargne
intérieure et le recours à l'aide étrangère,
dans le cadre d'accords bilatéraux. Le secteur public s'est vu réserver
le contrôle des industries touchant à la défense, aux
transports ferroviaires, à la sidérurgie et à l'énergie.
Les usines publiques et privées se sont partagé les fabrications
de machines-outils, les industries chimiques et pharmaceutiques. Le secteur
privé jouit d'un monopole pour une vaste gamme d'industries de biens
de consommation, en particulier le textile. Un certain nombre de domaines
sont réservés à de très petites unités
de production (small scale industries ) ou à l'artisanat : cigarettes,
articles textiles traditionnels et soieries. Le contrôle du secteur
privé était entretenu par l'obligation administrative d'obtenir
des licences pour créer des capacités de production, importer
des matières premières et des machines, passer des accords
avec des firmes étrangères. L'objectif sous-jacent de cette
mesure contraignante était d'éviter le développement
des industries de biens de consommation aux dépens des équipements
de base. Depuis 1975, le poids de la bureaucratie, mais aussi les revendications
des classes aisées, qui se renforcent et souhaitent s'équiper
davantage en biens de consommation durables, ont conduit l'État à
assouplir considérablement ce système, notamment pour ce qui
concerne les licences. Les objectifs essentiels de cette stratégie
ont été atteints : l'Inde est désormais dotée
d'un ensemble industriel complet. Ses exportations de biens manufacturés
(machines, diamants taillés, tissus, vêtements de coton, etc.)
dépassent celles des produits agricoles et des matières premières.
Les localisations Jusqu'à une date récente, la localisation
des industries était encore marquée par le passé colonial.
Depuis Calcutta et Bombay, les deux grands pôles industriels, s'est
produit un essaimage en direction de villes plus ou moins éloignées
: dans l'orbite de Calcutta, une série de villes sidérurgiques
émaillent le Nord-Est, région riche en charbon et en fer (Jamshedpur,
Bokaro, Bhilainagar, Rourkela ). À moins de 200 km de Bombay, les
décentralisations ont assuré le développement de villes
comme Pune (ou Poona ) et Nasik. De nouvelles nébuleuses industrielles
sont nées, notamment dans l'extrême Sud (Bangalore, Coimbatore,
Madras ) et dans la région qui s'étend de Delhi à la
frontière pakistanaise. La nébuleuse du sud du Deccan est
formée par une association d'anciennes capitales ou de centres de
pèlerinage (Mysore, Thanjavur ), où aux activités traditionnelles
se sont superposées des fabrications modernes. L'industrialisation
gagne les alentours de Delhi, comme c'est souvent le cas pour les capitales
politiques ; elle s'est développée au Pendjab, État
qui offre un marché important en raison de sa prospérité
agricole et de son potentiel hydroélectrique. Les grandes villes
de la plaine du Gange (Kanpur, Agra, Lucknow, Patna ), celles de la péninsule
(Nagpur, Hyderabad, Indore, Bhopal ) et celles du Gujerat (Ahmadabad, Vadodara,
Surat ) ont été choisies comme lieu d'implantation de grandes
usines du secteur public. Le commerce et les échanges Le
commerce intérieur se rattache pour l'essentiel au secteur privé,
bien que le gouvernement ait instauré un système de collecte
et de distribution de quelques produits agricoles de base (riz, blé,
millets, pois, huiles alimentaires ), dont il fixe chaque année un
prix plancher (auquel il les achète aux agriculteurs lorsque les
prix du marché tombent sous ce seuil ). Les quantités ainsi
collectées sont vendues à prix coûtant dans un réseau
dense de «magasins à prix équitables » (fair price
shops ), auxquels peuvent accéder les catégories les plus
défavorisées. Cette intervention de l'État, qui porte
sur un peu plus de 10 % de la production de céréales, permet
donc de garantir les revenus aux agriculteurs et d'aider les couches les
plus pauvres de la population urbaine. Le commerce privé est caractérisé
par le foisonnement de très petites boutiques, voire des petits revendeurs
à la sauvette, qui proposent fruits, légumes ou cigarettes
à l'unité. Au cœur des grandes villes apparaissent des centres
commerciaux d'allure moderne, destinés aux touristes et aux membres
des classes aisées. Les petits commerçants appartiennent souvent
à la caste spécialisée des vaiçya. Les échanges
extérieurs de l'Inde ont considérablement évolué
depuis l'indépendance. Alors qu'avant guerre la péninsule
vendait du thé, du café, des épices et des textiles,
les produits industriels représentent désormais 60 % des exportations.
Du point de vue des importations, les biens d'équipement précèdent
les produits pétroliers (respectivement 25 et 15 % des débarquements
). Les achats de biens alimentaires sont devenus insignifiants. Malgré
ces transformations, l'Inde ne parvient pas à équilibrer son
commerce extérieur, qui reste chroniquement déficitaire. Transports
De la période coloniale, l'Inde a hérité un réseau
de voies ferrées beaucoup plus développé que celui
de la plupart des autres pays du tiers-monde. Aussi ne s'est -elle pas trouvée
devant la nécessité de construire une multitude de voies nouvelles
: la longueur totale du réseau ferré est passée de
53 000 km en 1950 à 62 200 en 1995. Son efficacité a crû
considérablement : des voies métriques ont été
remplacées par des voies à écartement standard, beaucoup
de lignes à voie unique ont été doublées, les
axes majeurs ont été électrifiés. Ces réels
progrès n'empêchent pas la persistance de goulets d'étranglement.
Pendant d'assez longues périodes, l'efficacité des industries
a été entravée par l'irrégularité de
l'acheminement du charbon et des matières premières. Les trains
de voyageurs parcourent encore assez lentement les très longues distances
liées à la dimension du pays. Aussi, les Indiens les plus
fortunés (hommes d'affaires et fonctionnaires ), ainsi que les touristes,
ont de plus en plus recours aux transports aériens, dont la compagnie
publique (Indian Airlines ) assure les grandes liaisons intérieures.
Le gouvernement a récemment autorisé une compagnie privée
à desservir des villes moins importantes sur des itinéraires
plus courts. Le réseau routier reste très insuffisant : beaucoup
de sections, même sur des axes importants, sont encore trop étroites,
tandis que les autoroutes sont quasi absentes. La plus grande partie des
routes secondaires ne sont pas asphaltées, ce qui entrave sérieusement
l'accès à bien des villages pendant la saison des pluies.
Les dix ports majeurs enregistrent ensemble un trafic total de 150 millions
de tonnes, soit la moitié de celui de Rotterdam. Les liaisons internationales
sont assurées par les trois aéroports majeurs (Bombay, Calcutta
et Delhi ).
-
Histoire
- Le million d'années de préhistoire
indienne, dont les principales cultures sont le soanien et le madrasien,
semble se caractériser par le conservatisme de ses industries lithiques,
dont l'outil de référence est le galet aménagé.
Les techniques microlithiques, qui marquent la fin de la préhistoire,
apparaissent tardivement et ne se généraliseront qu'au lendemain
de la dernière grande glaciation. Aux marges de l'espace indien,
dans le Baloutchistan (site de Mehrgarh ), apparaît l'un des premiers
foyers mondiaux de développement néolithique. Au cours du
VIIIe millénaire s'y amorce le passage d'une économie fondée
sur la cueillette et la chasse à une économie productrice,
comparable à celle des civilisations du Proche-Orient. Pendant quatre
millénaires, les innovations s'y succèdent, conduisant des
premières agglomérations en briques crues, des domestications
animales (chèvres, moutons, bovins ) et des cultures végétales
(orge ) à un néolithique avec céramique à son
apogée vers 6000, puis à l'adoption des techniques des métaux
vers 5000. Après 4000, la diversification de l'agriculture autorise
la formation d'un réseau d'agglomérations, puis une maîtrise
de l'espace qui favorise la colonisation de la vallée de l'Indus
vers 3000. Celle -ci devient alors l'une des voies axiales des échanges
et le foyer de convergence des cultures régionales. Parallèlement,
les techniques du Baloutchistan ont rayonné en direction du Gange,
où elles se sont mêlées aux innovations locales, si
bien que les chasseurs-cueilleurs de l'Inde continentale adoptèrent
à leur tour des pratiques agricoles. L'Inde de la fin du IVe millénaire
est ainsi prête pour entrer dans une histoire qui peut être
divisée en quatre grandes phases d'un peu plus d'un millénaire
chacune. Du IIIe millénaire à la veille du Ier millénaire
av. J.-C. règne la civilisation de l'Indus. Du milieu du IIe millénaire
à la veille de l'ère chrétienne, la civilisation aryenne
archaïque domine. De la veille de l'ère chrétienne à
la fin du Ier millénaire s'étend la période des grands
empires panindiens. De la fin du Ier millénaire à nos jours,
la marque de l'islam est vivace. La civilisation de l'Indus et son héritage
Au cours de la première moitié du IIIe millénaire,
la diffusion de la civilisation transélamite au travers du plateau
iranien et le développement d'un commerce par voies terrestre, fluviale
et maritime ont permis la multiplication des contacts des cultures de la
vallée de l'Indus avec les civilisations du Proche-Orient. Ces relations
nouvelles stimulent les activités économiques et favorisent
la naissance d'artisanats spécialisés. Ces contacts conduisent
à l'émergence de structures sociales qui vont permettre un
véritable saut culturel : dans une Inde du Nord-Ouest désormais
occupée par des cultures villageoises et agricoles bien affirmées,
les bourgs préurbains de la vallée de l'Indus entrent dans
une période de transition, qui aboutit, entre 2600 et 2500 av. J.-C.,
à l'élaboration d'une civilisation urbaine considérée
comme une synthèse entre les diverses cultures qui s'étendent
du Baloutchistan à la rivière Yamuna. L'Inde aryenne C'est
dans ce contexte de déliquescence de la civilisation urbaine que,
vers 1500 av. J.-C., les Aryens (peuple indo-européen venu du Tadjikistan
) ouvrent la deuxième grande phase de l'histoire de l'Inde. Ils colonisent
l'Inde du Nord, lui imposent leur langue (le sanskrit ), leur religion,
mais surtout leur hiérarchie sociale. Cette phase débute par
une première période védique (de 1500 à 1000
av. J.-C. ), où les Aryens cohabitent avec les sédentaires,
héritiers de la civilisation de l'Indus, qui ont une culture plus
développée. Tout en poursuivant leur vie tribale de pasteurs
semi-itinérants, les Aryens se répandent dans le bassin de
l'Indus, mais occupent essentiellement le Pendjab. Puis une manière
de compromis s'établit avec certains groupes indigènes, premier
pas du processus d'intégration culturelle qui, en deux millénaires,
indianisera l'Inde et ensuite l'Asie du Sud-Est. En effet, les Aryens, porteurs
d'un savoir (veda ) inspiré par les dieux à des sages (rishi
) qui le transcrivent en sanskrit archaïque, le font partager aux premiers
habitants indusiens. À la veille du Ier millénaire, les Indo-Aryens,
de surcroît touchés par la métallurgie du fer, dont
ils maîtrisent bientôt la technique, débordent le cadre
du Pendjab pour s'infiltrer dans la vallée du Gange. Les changements
politiques Commence alors la deuxième période védique,
de 950 à 600 av. J.-C., au cours de laquelle les Indo-Aryens entrent
dans un double processus d'évolution. Le premier, de nature politique,
marque l'abandon du stade tribal au profit de confédérations,
dont la définition est plus territoriale ; le second, religieux,
voit s'élaborer des formes complexes, telles que les sacrifices cosmiques,
qui conduisent à une répartition de la société
en quatre fonctions fondées sur un rapport différent au sacrifice
et qui permettent de distinguer le religieux du politique. Lesdites confédérations
en acquièrent une dimension préétatique, tandis que
des mythes de fondation enracinent le nouvel ordre védique sur un
centre, Haryana, qui devient la «terre sainte » de l'hindouisme,
où la société indo-aryenne trouve les symboles de sa
cohésion. Au moment où la vallée du Gange est colonisée
émergent des chefferies claniques, parmi lesquelles celle des Kurukhs,
implantée entre le vieux pays du Pendjab et le front pionnier de
la vallée du Gange, qui se voit reconnaître une position dominante,
magnifiée par l'épopée du Mahabharata. La pénétration
des Indo-Aryens est bientôt telle que, dès 800 av. J.-C., ils
ont une connaissance certaine d'une bonne partie de l'Inde et que de grandes
entités politiques régionales, les Janapadas, découperont
l'Inde du Nord. Par ailleurs, cette dernière réintègre
le grand commerce maritime avec la Mésopotamie. Ces relations lui
apportent, après plus d'un millénaire de parenthèse
orale, une nouvelle forme d'écriture, alphabétique, la brahmi.
Simultanément, les Indo-Aryens prennent le contrôle du Deccan
(ce que rapporte le Ramayana sous un voile épique ), conçoivent
potentiellement l'Inde comme un tout, et les grandes valeurs de leur culture
sont progressivement codifiées. Une nouvelle urbanisation se
développe, dans la vallée du Gange cette fois, dont la prise
en main sera achevée à la fin du VIIe siècle av. J.-C.
Au terme de cette évolution culturelle, sur le plan religieux, l'enseignement
des veda (avec sa notion de salut collectif ) cède devant les premières
Upanishad et leur célébration d'une dévotion personnelle,
qui semble marquer un retour vers une sensibilité religieuse préaryenne
et sera désormais la marque de l'hindouisme. Sur le plan intellectuel
naît une réflexion laïque personnelle, avec l'apparition
de la philosophie de Kapila. L'épicentre de l'Inde glisse à
nouveau vers l'est, où les pouvoirs locaux qui se structurent autour
de leurs capitales fortifiées s'affrontent pour le contrôle
de la navigation sur le Gange. L'Inde est enfin mûre pour entrer dans
l'histoire proprement dite, c'est-à-dire avec des faits datables
dans le cadre de grandes synchronies mondiales. L'expansion perse avec Darios,
de 550 à 528 av. J.-C., en est l'occasion lorsqu'elle débouche
sur le monde indien, apportant, en particulier, une deuxième écriture
à l'Inde : la kharosti, dérivée de l'écriture
de la chancellerie perse, à l'origine des alphabets contemporains.
La diffusion du modèle politique perse suscite alors une première
vocation impériale de la part des princes du Magadha (région
qui assure le contrôle de la navigation sur le Gange ), avec une première
dynastie historiquement attestée, celle des Haryankas, qui s'affirme
de 575 à 410 av. J.-C. Réformes religieuses Dans ce
contexte de redéfinition des équilibres de l'ordre indien
s'élaborent deux «réformes » de l'hindouisme,
qui donnent naissance à deux grandes doctrines. Celles -ci vont structurer
l'autre volet de la pensée indienne : celui du renoncement, de la
non-violence et du détachement, grâce à l'organisation
de communautés monastiques. Le bouddhisme de Çakyamuni (vers
563 - vers 470 av. J.-C. ) devient la religion de référence
de l'Extrême-Orient, alors que le jaïnisme de Mahavira (540 -468
av. J.-C. ) reste indien et minoritaire. Parallèlement, le classicisme
indien achève de se fixer, avec la codification du sanskrit par Panini,
dans la seconde moitié du Ve siècle av. J.-C. La pression
exercée par les Indo-Aryens sur le Deccan a favorisé, probablement,
l'émigration des Dravidiens de l'Inde du Sud vers l'Asie du Sud-Est,
dont les premières mentions apparaissent dans le Ramayana. Les empires
panindiens Au terme de ces élaborations, l'épopée
d'Alexandre, qui atteint l'Inde du Nord-Ouest en 326 av. J.-C., ouvre le
champ aux conceptualisations politiques unitaires autant qu'aux ambitions
individuelles. D'Alexandre à l'ère chrétienne Un
aventurier, Chandragupta, prend le pouvoir au Magadha, dont il fait le noyau
du premier Empire panindien : celui des Maurya, qui vont entreprendre une
conquête souvent violente de l'Inde. Parallèlement, Kautilya,
ministre de Chandragupta, compose le traité le plus célèbre
de l'Arthasasthra vers 300 av. J.-C. ; il concerne la vie politique, administrative
et économique de l'Inde. L'Inde moderne s'affirme avec les Maurya.
Chronologie (- 269): Début du règne d'Açoka en
Inde À la mort d'Açoka, en 237 av. J.-C. (après s'être
converti au bouddhisme, il a envoyé des missions convertir Ceylan
en 240 ), l'Empire se morcelle. Son destin se révèle parallèle
à celui de l'Empire gréco-iranien des Séleucides. Lorsque
le dernier Maurya disparaît, le sous-continent se repartage entre
une Inde gangétique aux mains des Çunga, une Inde du Nord-Ouest,
où des aventuriers grecs venus de Bactriane se taillent des royaumes,
et une Inde du Centre et du Sud, où les principautés locales
(Andhra, Kalinga, Pandya ) affirment leur jeune personnalité. Les
Çunga sont renversés à leur tour par les Kanva (de
73 à 25 av. J.-C. ), pendant que les Grecs sont éliminés
par les Sakas de Transoxiane (d'autres Indo-Européens de la steppe
), qui, chassés par les turbulences de l'Asie centrale, s'implantent
à leur tour dans l'Inde du Nord-Ouest au cours du Ier siècle
av. J.-C. Parallèlement, les Andhra de l'Inde centrale tentent de
reconstituer un empire. Définitivement libérées, les
principautés de la façade maritime du golfe du Bengale rayonnent
sur l'Asie du Sud-Est où, à l'aube de l'ère chrétienne,
apparaissent les premières chefferies indianisées. C'est alors
qu'une nouvelle vague d'envahisseurs indo-européens venus d'Asie
centrale, les Kushanas, sait tirer profit de l'expansion du grand commerce
«international », favorisé par le développement
des Empires romain et chinois, pour s'installer en position articulatoire,
des passes de l'Asie centrale à la vallée de l'Indus et à
celle du Gange, et redonne ainsi une cohésion impériale au
monde indien. Ce nouvel Empire connaît son apogée au Ier siècle
apr. J.-C., avec l'empereur Kanishka. Du Ier au Ve siècle Cependant,
l'agitation hunnique en Asie centrale remet en cause cet équilibre
: le pôle des échanges mondiaux se déplace plus à
l'ouest, au bénéfice de l'Iran des Sassanides, qui défont
les Kushanas en 242. La dynastie des Satavahana, ou Andhra, au sud, décline
parallèlement et est remplacée par des pouvoirs situés
plus à l'est, en relation avec le commerce du Sud-Est asiatique :
les Pallava de Kanchipuram (250 ) et les Vakataka de Nandivardhana (270
). Mais le succès même de ces entreprises permet à un
nouveau pouvoir panindien de se constituer, au centre traditionnel de l'Inde,
sur l'ancien royaume de Magadha, d'où émerge une nouvelle
dynastie impériale, celle des Gupta, qui acquiert sa puissance avec
Chandragupta au début du IVe siècle. Avec ce nouvel Empire,
l'Inde connaît un essor économique et culturel de tout premier
plan ; d'autant plus que, pendant longtemps, elle est le seul royaume épargné
par les invasions des peuples des steppes. La renaissance hindouiste se
traduit par un essor de la littérature, encouragée par le
roi Chandragupta, comme l'illustre le poète tragique Kalidasa, qui
a parfaitement su traduire l'idéal de la société brahmanique.
L'empire des Gupta finit par être victime des invasions des peuples
des steppes (qui ne sont plus des Indo-Européens ). Skandagupta (455
-467 ) cède sous la pression des Huns blancs, ou Huns Hephthalites.
La société indienne entre alors dans une phase d'émiettement
politique et de dépression économique. Les sociétés
maritimes, en particulier les sociétés de l'Inde du Sud, telles
que celles des Pallava, font définitivement entrer les pays tamouls
dans l'histoire. Si elles échappent dans un premier temps à
la dépression, elles ne peuvent éviter d'être touchées
dans un second temps, du fait de la diminution du commerce maritime entre
l'Inde et la Chine. Les Huns blancs, pris à revers par les Turcs
d'Asie centrale, sont finalement vaincus en Inde du Nord au milieu du VIe
siècle. L'Inde n'en reste pas moins fragmentée au cours du
VIIe siècle, et les tentatives de restauration de l'unité
échouent : celle des Calukya en Inde centrale ou celle du roi Harsha
(606 -647 ) en Inde du Nord. Désormais, l'Inde ne trouvera plus en
elle les moyens d'un ordre impérial.
-
- La marque de l'islam
- L'islam profite de l'instabilité
chronique de l'Inde pour s'enfoncer, au fil des siècles, un peu plus
profondément dans le Nord-Ouest, où il est cependant contenu
pendant un demi-millénaire. La première conquête de
l'Inde par les musulmans est celle du Sind en 712, mais elle est aussitôt
arrêtée. Les divers royaumes indiens, à défaut
de retrouver la voie de l'unité (dynastie des Gurjara, en Inde du
Nord, etc.), retrouvent au moins, grâce au redémarrage économique
favorisé par l'islam, celle de leur prospérité. C'est
ainsi que, avec le IXe et le Xe siècle, l'Inde, rendue forte par
le dynamisme politico-économique de ses divers royaumes et de leurs
brillantes dynasties, comme celle des Candella, entre dans une période
où les différences régionales se marquent davantage.
En même temps, le bouddhisme laisse la place au brahmanisme. Les vagues
turques Au début du XIe siècle, la pression de l'islam
arabo-iranien est remplacée par celle des Turcs nouvellement islamisés
: avec Mahmud de Ghazni, ils prennent le contrôle de l'Inde du Nord-Est
autour de Lahore, capitale du Pendjab. Mais la vague retombe bientôt,
et la frontière avec l'islam se stabilise à nouveau pour un
siècle et demi (de 1030 à 1191 ), pendant que les thalassocraties
de l'Inde du Sud (les Cola ) tentent de prendre le contrôle des voies
maritimes en direction du Sud-Est asiatique, poussant leurs expéditions
jusqu'à Sumatra. Une nouvelle vague turque, celle de Muhammad
de Rhur, s'avance à partir de 1175, prend pied dans la vallée
du Gange, défait (1192 ) les hindous de Prithvi Raj. Elle va faire
disparaître en Inde du Nord la brillante civilisation hindoue, car
le général Qutb al-Din Aybak, qui s'installe à Delhi
avec le titre de sultan, s'étant fait reconnaître par le calife
de Bagdad, cherche à étendre l'autorité du sultanat
à toute l'Inde du Nord. Cinq dynasties musulmanes se succèdent
sur le trône de Delhi : celles des Mamelouks, dite des Esclaves (1206
-1290 ), des Khaldji (1290 -1320 ), des Turhluq (1320 -1414 ), des Sayyid
(1414 -1450 ) et des Lodi (1451 -1526 ). Elles sont contraintes de contenir
par trois fois (1221, 1241 et 1292 ) la pression mongole. Le Deccan reste
aux mains des hindous, dont les multiples dynasties continuent à
prospérer. Le sultanat de Delhi Le sultanat de Delhi, malgré
une histoire dynastique troublée, entreprend alors de «nettoyer
» l'Inde du Nord (1296 ), faisant disparaître les derniers princes
bouddhistes de la péninsule, les Pala et les Sena du Bengale ; il
se lance ensuite à la conquête du reste de l'Inde, mais le
coût de la guerre est tel que, malgré les pillages, une crise
économique interne au sultanat est difficilement maîtrisée,
par un très strict et remarquable contrôle. Si la dynastie
des Turhluq tente de maintenir la vocation impériale du sultanat
au milieu de difficultés croissantes, elle ne peut empêcher
sa féodalisation (et l'indianisation corrélative de l'islam
), ni la reconstitution de grands pouvoirs hindous (fondation en 1336, dans
le Mysore, du royaume de Vijayanagar, en lutte, pendant plus de deux siècles,
contre l'islam ), ni la terrible invasion turco-mongole de Timur Lang (Tamerlan
), qui ravage l'Inde du Nord-Ouest en 1398. Le sultanat de Delhi sort affaibli
de l'épreuve au point que, déchiré par les révolutions
de palais, les changements dynastiques et les guerres de succession, il
n'a plus les moyens de maintenir son rôle unitaire. Pendant plus d'un
siècle et demi, l'Inde redevient une mosaïque féodale,
partagée en royaumes prospères et souvent bien gouvernés,
qui favorisent l'éclosion des arts. Dans un climat qui n'est pas
sans rappeler celui de l'Europe de la Renaissance, après près
d'un millénaire d'interruption des relations directes, l'Occident
refait son apparition aux Indes. Au terme d'un siècle d'une méthodique
expansion maritime, qui a permis aux Portugais de maîtriser la circumnavigation
de l'Afrique, Vasco de Gama atteint Calicut en 1498. Hollandais, Danois,
Anglais et Français suivront bientôt, mais ils seront animés
d'intérêts essentiellement commerciaux. Leur rôle demeure
secondaire jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. D'autant plus qu'un
petit prince du Ferghana, Baber (1483 -1530 ), descendant de Timur Lang
par son père et de Gengis Khan par sa mère, allait jeter les
bases d'une restauration d'un ordre impérial qui devait durer plus
de deux siècles. L'Empire moghol Au terme de trente-cinq ans
de raids aux fortunes alternées (1525 -1561 ), les princes de la
lignée de Baber s'imposent à l'Inde en la personne de son
petit-fils Akbar (1542 -1605 ); il double sa politique impériale
de conquête (il met fin au dernier grand État de l'Inde du
Sud, celui de Vijayanagar, en 1565 ) d'un partage tolérant des responsabilités
politiques entre personnalités des diverses religions. Pendant un
siècle, les Moghols contrôlent la quasi-totalité de
l'Inde, mais, après la mort d'Aurangzeb (1658 -1707 ), qui avait
infléchi la politique impériale dans le sens d'un respect
dévot et intolérant des préceptes de l'islam, l'Empire,
affaibli, est décomposé par les guerres de succession. Bien
que le raid du roi perse Nader Chah sur Delhi (1739 ) soit une parenthèse
sans lendemain – en effet, l'Empire ne disparaîtra en titre qu'en
1858 –, l'autorité de l'administration impériale, après
cette date, tend à être nulle. L'Empire moghol est démembré,
les pouvoirs hindous renaissent, et les puissances occidentales, qui s'étaient
contentées de gérer au mieux leurs comptoirs commerciaux,
sont alors insérées dans le réseau de pouvoirs indiens.
C'est alors que Dupleix, devenu gouverneur de Pondichéry en
1742, envisage tout à la fois de créer un empire européen
sur les ruines de l'Empire moghol et, par contagion des conflits franco-anglais
de l'Europe, de ruiner les positions britanniques aux Indes. Après
de notables succès, Dupleix est rappelé en France en 1754.
Sa politique est récupérée par son adversaire Clive,
qui l'inaugure par une première grande victoire sur le nabab du Bengale,
à Plassey en 1757 ; elle marque le début d'une ascension qui
sonnera le glas de l'Inde française et s'achèvera par la prise
en main de l'ensemble du sous-continent indien par les Britanniques. Le
temps de la compagnie des Indes La double défaite des Français
à Madras et du nabab du Bengale marque l'échec de toute tentative
d'élimination des Britanniques ; la France ne conserve plus que cinq
comptoirs : Pondichéry, Yanaon, Karikal, Mahé et Chandernagor.
Les conquêtes militaires Pour éviter de se trouver en
première ligne dans les conflits entre princes, la Compagnie britannique
des Indes orientales doit reprendre à son compte la politique des
Grands Moghols : s'allier aux puissances dominantes du moment, au nord les
Marathes, et au sud le nizam de Hyderabad. Les Britanniques vont ainsi pouvoir
renforcer leur présence dans l'Inde du Sud : malgré la résistance
(1765 -1799 ) de Haydar Ali puis celle de Tipu Sahib, ils s'emparent de
Mysore. Profitant de querelles de succession, ils prennent le contrôle
administratif de Madras puis de Tanjore (ou Thanjavur ), avant de placer,
en 1822, le nizam de Hyderabad sous protection militaire. L'éclatement
de la confédération marathe, entre 1800 et 1810, leur permet
ensuite de renforcer leurs positions dans le Nord : ils prennent le contrôle
du port de Surat, puis d'Oudh. Ils se trouvent dès lors face à
la puissance dominante de l'Inde du Nord-Ouest : celle des sikhs, constitués
en empire depuis 1764. Ce n'est qu'après vingt ans de guerre que
les Britanniques arriveront à les vaincre (en 1846 ), le relais des
sikhs étant pris, dès 1834, par les Afghans, qui résisteront
jusqu'en 1914. La rentabilité économique L'objectif
premier de la Compagnie reste le profit, et, pour faciliter l'exploitation
commerciale des Indes, les Britanniques introduisent un appareil réglementaire
de type occidental : modification du régime foncier en 1793 ; création
d'un corps de collecteurs d'impôts, les zamindar, qui se transformeront
progressivement en «propriétaires » fonciers ; instauration
d'un système judiciaire ; puis fondation d'un premier collège
anglo-indien en 1834. Ce cadre facilite les synergies avec les autres implantations
asiatiques de la Compagnie, en premier lieu en Chine : le développement
des plantations d'opium au Bengale permet de compenser les achats de produits
chinois. La révolte des cipayes (avril 1857-juin 1858) C'est dans
ce contexte de renforcement de la tutelle britannique que l'annexion d'États
sans héritiers directs (Udaipur, Jhansi, Nagpur ) met le feu aux
poudres. Bon nombre de princes, à commencer par les Marathes, vont
alors s'allier aux cipayes (les soldats indigènes de l'armée
des Indes ), qui refusent les nouvelles cartouches enduites de graisse animale.
Coalition hétérogène, la «grande mutinerie »
échouera, et la répression qui suivra sera particulièrement
brutale. En substituant, en 1858, la Couronne britannique à l'Empire
moghol (le dernier empereur est déporté en Birmanie ), Londres
réglera – mais pour un temps seulement – le problème politique.
L'apogée du British Raj (1858 -1920 ) Chronologie (1876):
La reine Victoria est proclamée impératrice des Indes Les
Indes seront alors administrées par un vice-roi et l'Indian Civil
Service. Peu nombreux, environ 100 000, pour dominer un si grand ensemble
(4,7 millions de kilomètres carrés ), les Britanniques adoptent
un système mixte : les deux tiers du subcontinent sont sous administration
directe ; le tiers restant est laissé aux princes (environ 600 au
début du XXe siècle ), vassaux de la Couronne, localement
représentée par un résident qui jouit d'un droit de
regard sur les affaires intérieures et extérieures. Une véritable
idéologie coloniale, fondée sur la «supériorité
culturelle des conquérants », se développe. Lorsque
la reine Victoria prend le titre d'impératrice des Indes, en 1876,
la suprématie «impériale » légitime toute
intervention dans les successions princières. Un développement
économique Le développement des chemins de fer
permet de mettre en valeur des régions entières spécialisées
dans les cultures d'exportation (jute, thé, coton ), lesquelles alimentent
les usines britanniques. Avec l'imposition du monopole des cotonnades, les
«indiennes » sont désormais fabriquées dans le
Lancashire, et les usines locales sont ruinées. L'émergence
d'une pensée politique Le développement d'une bourgeoisie
indienne anglicisée, mais exclue de l'appareil politique (en 1879,
le nombre de fonctionnaires indiens est limité à un sixième
des effectifs ) et économiquement brimée, aboutit à
la naissance de deux courants, qui perdureront après l'indépendance,
l'un nationaliste et l'autre traditionaliste hindou. À la différence
des traditionalistes, dispersés en une multitude de groupes, le parti
du Congrès (fondé en 1885 par un Britannique ) réussit
à structurer le nationalisme en s'appuyant sur deux des trois premières
castes indiennes : les brahmanes et les vaiçya (caste marchande ),
les castes princières «collaboratrices » restant à
l'écart. La question est alors de savoir si l'Inde est une nation
ou un simple concept géographique. En partageant le Bengale en deux
entités, l'une musulmane et l'autre hindoue, lord Curzon (vice-roi
de 1898 à 1905 ) affirme de facto l'inexistence de la nation indienne.
Il pousse ainsi les musulmans, qui constituent la première des minorités
de l'Empire (plus du quart de la population ), à s'organiser, et
la Ligue musulmane est créée en 1906. Lorsque les nationalistes
étendront leur action au domaine économique en prônant
le boycott des marchandises anglaises, l'agitation deviendra permanente,
et les Britanniques y répondront par une série de réformes
ambiguës : en 1909, la généralisation et le renforcement
des conseils provinciaux, mesure contrebalancée par la création
d'un électorat séparé pour les musulmans ; puis l'élection
en 1919 de la majorité des membres des conseils législatifs
provinciaux, compensée par un arsenal répressif largement
utilisé, comme en témoigne le massacre d'Amritsar, qui généralise
les procédures d'exception. C'est dans ce contexte que, en 1914,
le retour de Gandhi (avocat au barreau de Londres et de caste marchande
) d'Afrique du Sud inverse le rapport de forces avec les Britanniques. La
lutte pour l'indépendance Gandhi choisit en effet d'utiliser
deux «armes » de type culturel : en jouant sur l'image traditionnelle
du saint, il rassemble les masses qu'un débat politique occidentalisé
ne pouvait mobiliser et, en fondant son action sur la non-violence, il place
les Britanniques dans une position moralement inacceptable, ce qui lui confère
la position dominante de mahatma («grande âme ») au sein
du Congrès. Le mouvement de lutte pour l'indépendance va dès
lors se dérouler en trois phases : désobéissance civile,
de 1919 à 1922 (grève générale, mouvement de
non-coopération, destruction des cotonnades britanniques ); négociation,
de 1930 à 1940 (l'aile gauche du Congrès réclame l'indépendance
; les conséquences de la crise de 1929 et le succès de «la
marche du sel », en 1930, placent Gandhi en position de négociateur
lors de la conférence de la Table ronde en 1930 -1931 ); jeûne
de Gandhi en 1932 (qui réussit à faire abandonner le projet
constitutionnel prévoyant d'instituer des régimes électoraux
séparés pour les musulmans, les intouchables et les sikhs
) et réforme de 1935 (qui «crée » 30 millions
d'électeurs ). Devant le succès du Congrès, les autres
mouvements se radicalisent. Chronologie (1947): Indépendance
de l'Inde Tentative d'assassinat du Mahâtma Gandhi à Delhi
(1948) La guerre place les nationalistes indiens en position de force :
Gandhi rejette la proposition d'indépendance par étapes et,
le 8 août 1942, le Congrès lance le mouvement «Quit India
» (il durera jusqu'en 1945 ): les dirigeants du Congrès sont
emprisonnés pour avoir refusé de soutenir l'effort de guerre.
Aux catastrophes agricoles (la famine de 1943, au Bengale, fait 2 à
3 millions de morts ) répond désormais une violence politique
incontrôlée. En 1945, décidés à quitter
l'Inde, les Britanniques doivent résoudre la question musulmane.
Si la Ligue musulmane a initialement soutenu le Congrès, l'émergence
d'un concept de nation musulmane, au début des années 1930,
a répondu à l'«hindouisation » du Congrès.
En 1947, la Grande-Bretagne accorde l'indépendance. Malgré
l'action de Nehru et les jeûnes de Gandhi, lord Mountbatten divise
le subcontinent en deux : le Pakistan (occidental et oriental ), qui rassemble
les provinces à majorité musulmane, et l'Inde. La partition,
effectuée sur fond de massacres et de guerre civile, fera 10 millions
de réfugiés, sans pour autant régler la question :
un tiers des musulmans resteront sur le sol indien. Assassiné en
1948 par un intégriste hindou, Gandhi en paiera symboliquement le
prix. L'Union indienne Le statut de certains États princiers
pose problème : le Cachemire, à souverain hindou mais à
population musulmane ; Hyderabad et Junagadh, à souverain musulman
mais à population hindoue. Si l'armée indienne s'empare sans
difficulté de Hyderabad et de Junagadh, il en va différemment
du Cachemire, où les districts musulmans se révoltent contre
le maharadjah Hari Singh, lequel fait appel à l'Inde. Il s'ensuit
une première guerre indo-pakistanaise, de 1947 à 1949, puis
le rattachement sans référendum (en dépit des accords
de l'ONU ) du Cachemire à l'Inde, en 1956. L'Inde récupère
ensuite les dernières enclaves coloniales : la France cède
ses comptoirs en 1954, le Portugal en 1961 (par la force ). Une fois les
problèmes territoriaux réglés, l'évolution de
l'Union indienne, «la plus grande démocratie du monde »,
sera dominée par deux problèmes : l'un politique (gestion
du pluralisme ethnoculturel ), l'autre économique (choix d'un modèle
de développement ). Les années Nehru (1948 -1964 ) Malgré
un réel multipartisme, le Congrès conserve une position dominante.
Si, par le remodelage des États sur une base ethnolinguistique (Assam,
Pendjab ), les autorités cherchent à créer des entités
culturellement viables, le fédéralisme reste pondéré
par des dispositions qui permettent au gouvernement central, en cas de crise
grave, de donner toutes directives aux autorités provinciales. Agnostique,
le brahmane qu'est Nehru abolit, en 1950, le régime des castes, au
nom d'une laïcité paradoxalement incompatible avec une culture
qui donne la priorité au religieux. Il cherche à concilier
croissance économique et répartition des richesses, en lançant
une réforme agraire et en réservant certains secteurs économiques
aux entreprises d'État. Le résultat sera une progression régulière
du PIB, de l'ordre de 3 à 4 % par an, légèrement supérieure
à la croissance démographique. Tout en restant dans
le Commonwealth, Nehru cherche à donner à l'Inde un rôle
international. Il élabore un neutralisme tiers-mondiste, qui lui
permet de prendre la direction du mouvement afro-asiatique (conférence
de Bandung en 1955 ) et jette les bases du mouvement des non-alignés.
Son panasiatisme le conduit à un rapprochement avec l'URSS et la
Chine (accords de 1954 sur le Tibet, proclamation des cinq principes de
la coexistence pacifique ). Cependant, un conflit frontalier avec la Chine
(l'est du Cachemire est revendiqué par Pékin ), en 1962, débouchera
sur la défaite militaire de l'Inde. La mort de Nehru, en 1964, ne
fera qu'ajouter un problème supplémentaire à une Inde
empêtrée dans des conflits frontaliers (seconde guerre avec
le Pakistan ). À la mort du Premier ministre Shastri, en 1966, la
fille de Nehru, Indira Gandhi, réussit non sans mal à rassembler
le Congrès. L'ère d'Indira Gandhi (1966 -1984 ) Pour
trouver un allié de revers face au Pakistan (soutenu par les États-Unis
), Indira Gandhi signe, en 1971, un traité d'alliance avec l'URSS.
La crise du Pakistan oriental – elle a provoqué le départ
de 10 millions de réfugiés – conduit l'Inde à intervenir
militairement en 1971 pour soutenir la création du Bangladesh. Ces
succès s'accompagnent de l'entrée de l'Inde dans le club des
puissances nucléaires en mai 1974. Si Indira Gandhi semble avoir
réussi en termes de politique étrangère, elle échouera
toutefois en politique intérieure. Elle se trouve en effet menacée
par l'éclatement du Congrès en 1969 : l'aile droite (Old Congress
), conduite par le conservateur Morarji Desai, s'oppose désormais
au nouveau Congrès. Pour renforcer sa position, elle mène
une double stratégie. Elle cherche d'une part à élargir
sa base et pousse le Congrès à s'appuyer sur les paysans riches
et la grande bourgeoisie : abolition des privilèges princiers, nationalisation
des banques et des compagnies d'assurances, réforme agraire (d'où
le ralentissement de la croissance économique entre 1970 et 1980
), ces mesures étant prises au nom du «socialisme » (inscrit
dans la Constitution en 1976 ). D'autre part, elle cherche à neutraliser
l'opposition interne au Congrès. Pour éliminer les rivaux
à l'intérieur de son propre parti, Indira Gandhi s'appuie
sur les autres partis, communistes et communalistes (les Tamouls du DMK
et les sikhs de l'Akali Dal ). Lorsqu'en 1972 se déclenche une forte
opposition «de gauche » et que le pouvoir judiciaire va jusqu'à
invalider les élections de 1971, Indira Gandhi utilise les pouvoirs
que lui donne la Constitution : elle proclame l'état d'urgence et
fait arrêter 35 000 membres de l'opposition. Elle déclenche
ainsi une crise majeure, qui se termine par la défaite du Congrès
en 1977. Après l'intermède de Morarji Desai et de Charan Singh,
le vide politique permet, néanmoins, sa réélection
en 1980. La leçon n'a pas porté : Indira Gandhi accélère
la déstabilisation du Pendjab, ce qui aboutit à l'attaque,
en juin 1983, du temple d'Amritsar où sont réfugiés
des séparatistes sikhs, et provoque en définitive son assassinat
en octobre 1984. L'ouverture Sans expérience politique, son
fils Rajiv lui succède à la tête du parti et du gouvernement.
Il cherche à moderniser l'ensemble du système politicoéconomique,
et la croissance devient, pour la première fois, l'objectif prioritaire
: parité entre secteurs public et privé, ouverture de vingt-sept
secteurs aux investissements privés, augmentation des licences d'importation.
Grâce à un réel essor industriel, il réalise
son objectif d'une croissance de 5 % par an. Par contre, il ne parvient
pas à restaurer les consensus politiques : les émeutes se
multiplient, et la tension monte au Pendjab et au Tamil Nadu. Le Congrès
perd des sièges, et Rajiv Gandhi, attaqué pour corruption,
démissionne en 1989. Vishwanath Pratap Singh, leader du Janata Dal
(une des coalitions de l'opposition ), lui succède. Fragilisé
par l'aggravation des tensions au Cachemire, il cherche à renforcer
sa base politique en augmentant les quotas réservés aux basses
castes et aux tribaux dans la fonction publique et les universités.
Singh déclenche ainsi une crise politique et démissionne en
novembre 1990. Chandra Sekhar lui succède mais démissionne
en 1991. Rajiv Gandhi est assassiné, le 22 mai 1991, par des extrémistes
tamouls. Le nouveau Premier ministre, Narasimha Rao, lance alors une politique
d'ouverture aux investissements étrangers visant à réinsérer
l'Inde dans la compétition mondiale. Mais les émeutes de décembre
1992, qui culminent avec la destruction de la mosquée d'Ayodhya,
entraînent en 1993 une flambée de violence religieuse, qui
contribue à l'affaiblissement du Congrès et se traduit par
l'ascension du Bharatiya Janata Party, une formation hindouiste radicale.
Le BJP, allié au Shivsena, un mouvement régionaliste extrémiste,
prend le contrôle, en 1995, du Maharashtra, l'État qui abrite
Bombay. Puis le parti du Congrès enregistre une défaite historique
en mai 1996, avant que la crise d'avril 1997 ne montre qu'il reste encore
une force politique incontournable : en effet, le Premier ministre, Inder
Kumar Gujral, ne peut former un nouveau gouvernement qu'avec le soutien
du grand parti. La libéralisation de l'économie a mis l'Inde
au premier rang des «bons élèves » du Fonds monétaire
international, avec une croissance qui continue à se maintenir autour
de 5 % par an en 1995. Mais les infrastructures demeurent inadaptées
; la dette de l'Inde en fait le troisième débiteur mondial
derrière le Mexique et le Brésil ; enfin, si on estime que
le marché indien compte entre cent et deux cents millions de consommateurs
solvables potentiels, il demeure une masse formidable de déshérités
sans perspective réelle de réussite économique. Le
refus de l'Inde, en 1996, de signer le traité d'interdiction des
armes nucléaires (CTBT ), puis l'arrivée au pouvoir, en 1998,
du parti ultranationaliste hindou, le Bharatiya Janata Party (BJP ) et les
déclarations guerrières du gouvernement d'Atal Behari Vajpayee
contre le Pakistan et contre la Chine, suivies de plusieurs essais nucléaires
souterrains (mai 1998 ), déclenchent une vif regain de la tension
internationale dans la région. Au début de l'année
1999, le massacre par des extrémistes, d'un missionnaire et de ses
deux fils, suivi de celui de 35 membres de hautes castes dans l'État
du Bihar, sont largement désapprouvés par la communauté
internationale et provoquent de nouveaux mouvements de contestation des
ultra nationalistes, qui reprochent au Premier ministre son manque de fermeté.
Une nouvelle surenchère d'essais nucléaires avec le Pakistan
(avril ) accentue plus encore le malaise politique général,
qui débouche sur un vote de sanction des députés indiens
et le renversement du gouvernement, au pouvoir depuis treize mois. Ainsi,
pour la cinquième fois en moins de trois ans, l'Inde est privée
de gouvernement. Face à l'incapacité de l'opposition à
former un nouveau gouvernement de coalition, le président Kocheril
Raman Narayanan prononce la dissolution de la Chambre des députés
et appelle à de nouvelles élections générales
avant la fin du premier semestre.
-
-
- État
et institutions
- L'Union indienne présente
le visage d'une république fédérale aux institutions
inspirées du modèle britannique. Le véritable problème
reste toutefois celui de la gestion d'une société polycentrique
composée de communautés parfois antagonistes. La structure
fédérale de l'Inde cherche donc à concilier deux objectifs.
D'une part, administrer la diversité (seize langues officielles,
une dizaine de religions ): les vingt-cinq États et les six territoires
de l'Union sont le fruit d'un redécoupage de l'espace selon une grille
ethnico-religieuse. Si la famille reste régie par un droit coutumier
d'ordre religieux, l'État conserve une laïcité théorique
aux seules fins de gérer la pluralité des cultes. D'autre
part, le législateur cherchait à éviter la reconstitution
d'États autonomes ; le fédéralisme indien est modéré
: en cas d'urgence, l'article 352 autorise le gouvernement central à
donner toute directive à un État membre, et, en cas de crise
grave, l'article 356 permet au président de la République
d'assumer tout ou partie du gouvernement d'un État. Le système
indien fonctionne sur la base d'un «saupoudrage » communaliste
qui répartit les postes selon une logique de réseaux de clientèles
et de clans familiaux.
-
-
- Société
- L'Inde doit une grande partie de
ses caractères culturels et sociaux à la domination numérique
des fidèles de l'hindouisme. Profondément enracinée
dans le passé de la région, cette religion sert de fondement
théorique au système des castes. Cependant, les musulmans,
bien que minoritaires, sont suffisamment nombreux pour faire de l'Inde un
des premiers pays du monde par l'importance de sa population islamique (11,4
% seulement des Indiens, mais près de 100 millions de pratiquants
). La coexistence de groupes définis par la religion, la caste, l'appartenance
linguistique ou régionale n'est pas toujours facile. On a recherché
les éléments d'une solution à ces problèmes
dans la dénonciation du «communalisme », dans l'institution
d'un État fédéral, qui se veut laïc et admet un
système de droit civil souple. Mais les violences entre communautés,
fréquentes, constituent une menace croissante pour la stabilité
du pays. La domination de l'hindouisme L'hindouisme est le résultat
de l'évolution du védisme – fondé sur un énorme
corpus de textes sacrés, les Vedas –, religion des populations aryennes
arrivées en Inde au cours du Ier millénaire avant notre ère.
L'hindouisme repose sur un certain nombre de concepts de base. Le dharma
est à la fois l'ordre du monde et un ensemble d'obligations qui s'imposent
à tout hindou ; son respect maintient l'ordre cosmique. Le principe
individuel de chaque être (atman ) passe d'une forme corporelle dans
une autre au cours d'une série de transmigrations (samsara ). La
renaissance dans telle ou telle forme dépend de la façon dont
l'individu s'est comporté au cours de ses vies antérieures
et surtout du respect qu'il a montré envers le dharma. Ce respect
est le plus élevé des «buts de l'homme », bien
que soient reconnus l'enrichissement matériel et la satisfaction
des sens. Il est possible d'échapper au cycle des renaissances par
une vie pure, notamment par la pratique du renoncement, qui permet d'atteindre
le «salut » (moksa ). Les formes du sacré dans
l'hindouisme sont très variées, ce qui multiplie les lieux
de culte ; on compte, en outre, un très grand nombre de dieux, dont
quelques-uns prennent, de surcroît, des formes multiples (avatara
). Un certain ordre se dégage dans cette variété. On
distingue souvent une trilogie fondamentale : Brahma (qui représente
l'unité fondamentale, l'absolu ), Vishnu (dieu créateur solaire
) et Çiva (à qui sont liées des notions de destruction
et de violence ). Brahma n'est pas l'objet d'un culte particulier – un seul
temple lui est d'ailleurs consacré dans tout le subcontinent. Les
hindous rendent donc un culte à Vishnu ou à Çiva –
une distinction fondamentale oppose les sectes vishnouites et çivaïtes
–, y compris leurs nombreux avatars, telles les déesses Parvati,
Durga ou Kali. Il s'y ajoute des dévotions à d'innombrables
dieux secondaires et à des divinités familiales, objets de
cultes domestiques. La pratique religieuse se traduit par la récitation
quotidienne de formules, les cérémonies d'offrandes aux dieux
(puja ), la visite aux temples, la méditation, la participation à
de grands pèlerinages. Elle varie en fonction de la secte et de la
région, bien qu'il existe un certain nombre de fêtes communes,
à l'image du nouvel an lunaire (avril -). Fêtes et cérémonies
collectives exigent l'intervention de prêtres (brahmanes ), malgré
l'absence de clergé organisé, de structure centralisée,
de dogme ou d'orthodoxie. La vision du monde qu'ont les hindous accorde
une grande importance aux notions de pureté et de pollution. De nombreux
contacts, notamment avec les cadavres et les excréments, voire avec
certaines parties du corps comme les ongles et les cheveux, sont jugés
«polluants ». Il en résulte une hiérarchie des
activités selon le degré de pureté qui leur est attaché
: c'est ce qui constitue la base du système des castes. Le respect
du dharma impose à chacun des obligations qui diffèrent en
fonction de la varna ou de la jati à laquelle il appartient. Les
membres des varna supérieures doivent s'abstenir de toute activité
polluante ; ces activités ne peuvent être pratiquées
que par des membres des varna inférieures, ou par les intouchables.
Cet ensemble d'obligations crée une série de liens mutuels
: les brahmanes, par exemple, ne peuvent se passer de l'intervention de
barbiers, de blanchisseurs ou encore de tanneurs. Or ceux -ci ont à
leur tour besoin des brahmanes à l'occasion de certaines cérémonies,
comme les mariages ou les rites mortuaires. La conception de la caste est
donc profondément liée aux principes de base de l'hindouisme.
Les religions minoritaires Les musulmans, à très grande
majorité sunnites, constituent la minorité religieuse la plus
importante. L'Inde du Nord a été périodiquement envahie
par des populations islamisées, arabes, et par des groupes qui avaient
subi une profonde influence persane. Les conversions dans cette région
fréquemment placée sous tutelle musulmane ont été
nombreuses. Elles ont été plus rares dans l'Inde du Sud, où
l'islam a surtout été apporté par des marchands. C'est
ainsi que les musulmans sont actuellement nombreux dans l'Inde du Nord,
où ils sont toutefois moins bien intégrés que dans
le Sud. Si la lecture du Coran se fait toujours en arabe, une grande partie
de la littérature classique est rédigée en persan.
Dans la vie quotidienne, les musulmans utilisent des langues locales. L'ourdou,
par exemple, est très proche du hindi, mais s'écrit avec un
alphabet arabo-persan. Les autres minorités correspondent surtout
à des religions autochtones, souvent proches de l'hindouisme par
leurs concepts fondamentaux. Le bouddhisme, né en Inde, en a pratiquement
disparu pendant les premiers siècles de notre ère. Des membres
des varna inférieures ou des intouchables se sont assez massivement
convertis au bouddhisme au cours de ces dernières décennies
; cette religion refuse le système des castes tout en comportant
un certain nombre de traits communs avec l'hindouisme. Le jaïnisme
est, lui aussi, d'origine ancienne. Il insiste sur la non-violence, le respect
de la vie et les pratiques ascétiques. C'est avant tout une religion
«urbaine », surtout implantée dans la partie occidentale
du sous-continent. Le sikhisme, beaucoup plus récent (XVIe siècle
), se présente comme un syncrétisme retenant un certain nombre
de principes de l'hindouisme et de l'islam. Bien que non violents à
l'origine, les sikhs ont été amenés, par suite de persécutions
continues, à développer de réelles qualités
militaires (ils jouent un rôle important dans l'armée et la
police ). Ils sont concentrés au Pendjab, que certains d'entre eux
voudraient transformer en un État indépendant. Les parsis
et les chrétiens forment de petites minorités. Les parsis
sont les derniers représentants du zoroastrisme persan. On les trouve
surtout dans le nord-ouest de l'Inde, notamment à Bombay. Les missionnaires,
dont l'action a été favorisée par la période
coloniale, sont à l'origine de conversions au christianisme dans
les régions où les contacts avec l'Occident ont été
particulièrement anciens (Kerala ) et dans celles où l'importance
des populations «tribales », animistes, ne pouvait constituer
de véritable résistance. Les minorités religieuses
se sont caractérisées par leur ouverture particulière
aux formes de l'économie moderne, si bien que leur rôle économique
est disproportionné par rapport à leur effectif. Les jaïns
et les parsis ont exercé une action décisive dans le développement
industriel de la région de Bombay. Il est vraisemblable que l'essor
de l'agriculture au Pendjab soit dû, en partie, à l'esprit
d'entreprise des sikhs. Castes et classes sociales Les rapports entre
castes et classes sociales demeurent relativement évidents dans la
société villageoise. Le village indien comprend souvent une
ou deux jati, qui appartiennent à des varna intermédiaires
et sont classées en position moyenne dans la hiérarchie traditionnelle.
Leurs membres, qui possèdent la plus grande partie du sol, forment
la majorité des propriétaires-cultivateurs («jati dominantes
»). À côté se retrouvent les membres de toute
une série de jati spécialisées. Parmi les quelques
familles qui les représentent se distinguent nettement la ou les
jati de brahmanes, qui interviennent dans les cérémonies,
et les jati artisanales, souvent classées dans la varna des sudra.
Elles exercent des activités «modérément »
polluantes (travail du bois, traitement des produits agricoles ). La société
villageoise ne pourrait fonctionner sans une masse assez importante de harijan,
qui sont spécialisés dans les tâches les plus polluantes
: ramassage des cadavres et des excréments, tannage du cuir (ils
remplissent aussi parfois les fonctions de blanchisseur et de barbier ).
C'est dans ces jati, dont les effectifs sont souvent nombreux, que se recrute
la très grande majorité des ouvriers agricoles. L'évolution
économique de l'Inde a modifié la société villageoise.
La paysannerie moyenne, qui détient des droits permanents sur des
exploitations rentables, a su profiter des mesures prises en faveur du développement
agricole. Des activités non agricoles se sont, en outre, implantées
dans les villages. Si les jati paysannes dominantes ont souvent bénéficié
de cette évolution, on a pu observer des réussites spectaculaires
de groupes jusqu'ici placés assez bas dans la hiérarchie traditionnelle
(jati artisanales ), voire parfois des harijan. Dans certaines régions,
comme dans l'État du Bihar, ces changements se sont heurtés
à des réactions violentes de la part des puissants traditionnels
– propriétaires non cultivateurs, membres des castes supérieures
–, qui eurent recours à des hommes de main pour défendre l'ordre
ancien. Les rapports entre classes et castes sont plus complexes dans les
villes. Les fonctions artisanales et commerciales sont encore largement
situées dans le cadre des structures anciennes. Les ouvriers permanents
de la grande industrie bénéficient d'un niveau de vie relativement
correct. Traditionnellement, la bureaucratie, qui joue un rôle important
dans la vie politique et sociale de l'Inde, attirait les brahmanes, dont
le quasi-monopole des emplois dans l'administration est de plus en plus
remis en cause. Au lendemain de l'in
- dépendance, une série
de lois réservèrent un certain nombre de places dans les écoles,
les universités et le secteur public aux couches les plus défavorisées
de la société traditionnelle, qualifiées de «castes
enregistrées » (scheduled castes ). Le gouvernement, depuis
la fin des années 1980, a eu tendance à élargir l'éventail
des postes réservés à de nouvelles castes appartenant
à la partie moyenne de la hiérarchie traditionnelle («autres
castes arriérées », autrement dit «autres que
les castes enregistrées »). Cette question déchire profondément
l'Inde et contribue à la déstabilisation de la société
et de la vie politique. Conflits et compromis La diversité
sociale, religieuse et linguistique de l'Inde n'a pas empêché
une relative stabilité dans le fonctionnement du système politique.
Les groupes religieux minoritaires, considérés comme des castes,
ont été intégrés dans le système dominant.
Le cadre légal de la coexistence des Indiens a été
fourni par la structure fédérale de l'Union et surtout par
la conception d'un État laïc qui place toutes les religions
sur un pied d'égalité ; le Code civil, en outre, tolère
des pratiques différentes en matière de mariage et de succession
suivant les appartenances religieuses des citoyens. Cependant, les conflits
entre «communautés » n'ont jamais disparu. Des explosions
de violence se produisent épisodiquement et tendent à s'accentuer
ces dernières années. Des groupes socioculturels concentrés
dans certaines régions réclament soit la constitution de nouveaux
États, soit une plus grande autonomie, à l'exemple des sikhs
du Pendjab. Les conflits majeurs opposent actuellement les musulmans aux
hindous. Dans ces deux communautés, les mouvements extrémistes,
voire intégristes chez les musulmans, gagnent de plus en plus en
influence. Un sentiment de frustration de beaucoup de jeunes, notamment
ceux des castes supérieures, se fait jour ; ils considèrent
que les mesures de protection dont ont bénéficié les
autres groupes, notamment les musulmans, sont trop étendues. Mais
la spirale de la violence va parfois très loin, comme l'attestent
les tueries qui ont suivi la destruction par des hindous de la mosquée
d'Ayodhya, construite sur un haut lieu du culte de Rama. La vie quotidienne
Les valeurs traditionnelles marquent encore largement la vie quotidienne
des Indiens, tout particulièrement dans le domaine de la famille.
La «famille étendue », où coexistent sous un même
toit plusieurs générations (les fils et leurs femmes restant
au foyer paternel ), tend pourtant à disparaître en milieu
urbain. Le mariage, au sein de la jati, reste très traditionnel ;
la cérémonie est arrangée par les parents, après
consultation d'un astrologue. La célébration des cérémonies
religieuses, notamment des grandes fêtes, est observée avec
beaucoup d'attention.
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