

Romain, tu es venu me voir pour les fêtes de fin d'année
Tu as pris le T.G.V. pour traverser la France. Moi, il me fallait traverser le département pour aller voir mes grands-parents aux environs de Montoire.
Pendant la guerre de 1940, il avait très peu d'essence pour faire rouler les voitures, alors nous prenions le car de Romorantin à Blois et après quelques heures d'attente à Blois, un autre car nous conduisait jusquà Montoire. Là, il fallait trouver un autre moyen de locomotion pour arriver à destination, souvent une carriole attelée du bon vieux cheval de la ferme.
Presque une journée pour parcourir 100 kms, mais pour nous petits ruraux: Quelle joie de découvrir Blois avec son escalier Denis Papin, la chocolaterie Poulain et les grands magasins !
Puis traverser la Beauce, pour moi sans intérêt. Mais quelle extase de découvrir la vallée du Loir, avec ses collines, ses roches, et caves dans le tuffau. Monter sur la butte de Troo : découvrir un panorama.
Par temps clair nous pouvions voir 17 clochers, le Loir serpentant au milieu des prés, où paissaient de grands troupeaux de bêtes à cornes. Que c'était beau ! Tellement différent de notre Sologne ultra plate, entrecoupée de forêts, donc une vue limitée..
Visiter le puits qui parle, la grotte pétrifiante et nombreuses maisons dans le rocher que nous découvrions en suivant un petit escalier, se faufilant entre les jardinets. Nous arrivions tout essoufflés auprès de la butte, et de l'église:..
Quelle joie de faire du
vélo en roues libres dans les descentes.
C'était moins drôle de remonter la pente. Mais que de découvertes...
Les habitudes étaient différentes : la lessive se faisait à la rivière à genoux dans la « boîte » et puis écarter sur le pré les draps qui sentaient bon la menthe.
A cette époque, ni frigo, ni congélateur. Mais chaque maison possédait une cave où la température ne varie guère au rythme des saisons. La boisson restait fraîche et cette cave était un peu ta caverne d'Alibaba
Romain, te souviens-tu quand je t'ai conduit voir "les montagnes du loir et Cher". Tu n'as nullement été émerveillé et j'en ai éprouvé un petit pincement au coeur.
Jacqueline.
le dessin de fond d'écran nous a été offert par son auteur, monsieur Georges Saillard