

J'habitais Authon et je devais passer mon Certificat d'études à St Amand, avec trois autres élèves de mon école. Ce fut mon père qui se proposa pour nous emmener.
Tôt le matin, la carriole attelée, tout le monde grimpa dedans. Elle était bien pleine, pensez donc ! Les deux Institutrices, les trois autres élèves, mon père, mon jeune frère Gaston et moi-même.
Sur la route, nous nous arrêtames à Notre Dame de Villethiou où nous fîmes une prière à la Vierge et glissâmes deux sous dans le tronc.
Arrivés à St Amand, Papa nous laissa à l'école.
On nous installa dans une grande salle de classe et l'examen commença. Je ne me souviens plus des épreuves de français et de calcul, mais je sais que je travaillais avec application.
A midi Papa vint me chercher et nous emmena, mon jeune frère et moi-même, déjeuner à l'auberge où il avait loué son cheval. Les demoiselles et les autres élèves d'Authon déjeunèrent au presbytère.
L'après-midi, ce furent les épreuves orales.
Je dus réciter la fable de la Fontaine « Les deux mulets »
« Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé, l'autre portant l'argent de la gabelle ... »
On me demanda ce qu'était la gabelle.
En fin d'après-midi, nous avons attendu les résultats, à la fois impatientes et inquiètes. Enfin, ils furent publiés. Nous étions deux à être reçus sur les quatre qui se présentaient d'Authon.
Mon père fut très fier de moi, car j'avais obtenu la première place du canton.
Alors nous rentrâmes à la maison avec une joie un peu retenue, à cause de celles qui n'étaient pas reçues.
Il faisait jour très tard, c'était au mois de Juin et nous étions à l'heure solaire.
C'était en 1909. J'avais alors 13 ans.
Germaine (105 ans - Montoire sur le Loir)