NEPAL
État de l'Asie centrale, limité au N. et N.-E. par la Chine, au S. et S.-O. par l'Inde, qui s'étend sur 140 800 km 2.
Géographie
De forme rectangulaire et
étiré dans le sens E.-O., il s'étend surtout sur le versant
sud de l'Himalaya et s'étage entre le Terai tropical et marécageux,
les avant-monts des Siwaliks (Mahabharat Lekh et Churiya ) et les hautes crêtes
glaciaires. Ces dernières suivent la frontière chinoise et dépassent
8 000 m
(Kangchenjunga,
Dhaulaghiri, Annapurna, Makalu, Everest [8 850 m ]). De nombreux bassins d'altitude
(Katmandou ) sont drainés par des rivières se dirigeant vers le
Gange (Karnali, Kali Gandak, Arun ). Le climat tropical, humide vers l'est,
devient plus sec à l'ouest et subit les effets de l'altitude, qui tempère
ou rafraîchit les températures.
Population
La population, estimée à 23,7 millions d'habitants [1998 ], a une origine mongoloïde (Rais et Limbus au Népal oriental, Gurungs, Tamangs et Newars dans le Centre ) ou indo-népalaise (Gurkhas ) et est en majorité hindoue (avec un système de castes ). Katmandou, la capitale, compte 660 000 habitants.
Économie
L'agriculture, qui occupe 79 % de la
population, est localisée dans les bassins et vallées (pentes
défrichées et taillées en terrasses ). Le fond des vallées
porte des rizières irriguées ; sur les hauts plateaux se pratique
la culture sèche des céréales (maïs, orge, blé
); ensuite, jusqu'à 4 000 m, la pomme de terre est cultivée. L'élevage
(ovin et bovin ) est partout important. La forêt (30 % du territoire )
constitue une richesse encore mal exploitée. Le manque de moyens de communication
(on circule surtout sur des sentiers ; pratique du portage ) entrave tout essor
économique.
En dépit d'un énorme potentiel hydroélectrique, l'industrie se résume à des ateliers artisanaux (tissage, filature, scieries, travail du jute ), mais le piémont marécageux du Sud est en plein développement. Le commerce extérieur, très déficitaire, se fait surtout avec l'Inde. Le tourisme, en pleine expansion, est la première source de devises. L'aide internationale est importante.
Histoire
Les communications difficiles, le cloisonnement des vallées et la multiplicité de principautés rivales ont longtemps retardé l'éclosion d'un sentiment national népalais. En 1768, les Gurkhas, tribu montagnarde de religion hindoue, conquirent le pays et en firent un État unifié. Cherchant à étendre leur domination vers l'Inde et le Tibet, ils provoquèrent, dans un premier temps, l'intervention militaire de la Chine (1791 -1792 ), puis celle de l'Angleterre (1814 -1816 ), qui leur imposa un semi-protectorat. La réalité du pouvoir passa alors aux Rana, dynastie de Premiers ministres héréditaires, tandis que les souverains étaient réduits à l'impuissance. Le Népal accéda à l'indépendance en 1923. La substitution de l'influence de l'Inde, en 1947, à celle de la Grande-Bretagne allait entraîner la chute des Rana : en 1951, un coup d'État royal transforma le régime en monarchie constitutionnelle. Depuis 1960, le régime, malgré quelques phases d'ouverture, a maintenu son orientation autoritaire, sous les règnes de Mahendra Bir Bikram (1955 -1972 ) puis de Birendra Bir Bikram Shah Dev. En 1990, le roi Birendra fut contraint d'accepter le retour à la démocratie après trente ans de pouvoir absolu. En mai 1999, il nomma Krishna Prasad Bhattarai à la direction du gouvernement
Arts
L'art de ce pays témoigne
d'apports divers (indiens, tibétains, chinois ); marqué surtout
par le bouddhisme et l'hindouisme, il montre pourtant une certaine originalité.
L'architecture est caractérisée par la présence du stoupa
et du temple selon la forme de la toiture, on divise ceux -ci en deux catégories,
à étages ou
à
çikhara (ou shikhara, «tour-obus »). D'après la tradition,
les premiers stoupas remonteraient à l'empereur indien Açoka.
Le type de temple à toiture étagée est typiquement népalais,
tandis que celui qui comporte un toit en forme de çikhara n'est apparu
qu'au XVIIe siècle. Parmi les principales localités conservant
des monuments intéressants, citons Katmandou, Patan, Bhatgaon, Swayambhunath
(ce site abrite le musée du Népal ), Bodhnath. Les premières
traces de statuaire précèdent l'ère chrétienne (statuettes
en terre cuite ); à Lumbini, des piliers gravés datent du règne
d'Açoka. Par la suite, la sculpture montre des affinités avec
les œuvres indiennes des périodes gupta et post-gupta, puis de l'art
malais et tibétain. La peinture est connue par les fresques, les manuscrits
(XIIIe et XIVe s.) et les peintures portatives mandala.